Chapitre 1Être en règle (et le rester)
Avant de parler argent ou décoration, parlons de la seule chose qui peut faire s'écrouler ton projet du jour au lendemain : la conformité. En Polynésie, louer un meublé de tourisme, ce n'est pas juste mettre une annonce en ligne.
Le volet tourisme : tes 4 obligations
Le socle repose sur la loi du pays n° 2018-10 du 29 mars 2018, renforcée par la loi du pays n° 2021-8 du 1er février 2021.
- Déclaration préalable au Service du Tourisme, avant la première location, en ligne sur mes-demarches.gov.pf. Un récépissé t'est délivré.
- Transmission du récépissé à ta mairie, avant toute location.
- Numéro d'enregistrement obligatoire sur toutes tes annonces (Airbnb, Booking, Facebook). Pas de numéro = infraction.
- Règlement intérieur à établir et communiquer à tout intermédiaire (modèle en annexe du PDF).
Le volet fiscal : se faire connaître à la DICP
Dès que tu loues, l'administration te considère comme exerçant une activité commerciale. Tu dois t'inscrire au registre des patentes — la location saisonnière est répertoriée sous le code L23. Inscription au CDFE (Centre de Développement et Formalités des Entreprises) de la CCISM. Cela t'ouvre ton numéro T.A.H.I.T.I.
Chapitre 2Payer le juste impôt
C'est le chapitre le plus dense, et le plus important. Bonne nouvelle pour commencer : si tu crées une activité réellement nouvelle, tu peux être exonéré pendant tes 3 premières années — et pas d'un seul impôt, de presque tous.
Les 4 prélèvements à connaître
Patente
Calculée sur la valeur locative du bien (= 12 % de la valeur vénale, loi 2024-8), pas sur tes loyers. Droit proportionnel de 2 % + centimes communaux. Pas d'exonération sous 2 MF (réservée à la longue durée).
Impôt foncier
Base : valeur vénale × 12 % × 75 % × 10 % + centimes communaux (1 % à 50 %). Les abattements locatifs réservés à la longue durée ne s'appliquent pas au saisonnier.
IT & CST-NS
IT calculé sur les recettes par tranches de 1,5 % à 11 %. CST-NS s'ajoute, taux de 0,75 % à 5 %. Déclaration au plus tard le 31 mars de l'année suivante.
TVA — 13 %
Le meublé de tourisme est soumis à la TVA au taux intermédiaire de 13 % dès que ton CA dépasse 10 MF CFP. En dessous : franchise en base, pas de TVA à facturer.
Exemple chiffré — bien de 50 MF de valeur vénale
Le forfait TPE — régime de la plupart des loueurs
Si ton chiffre d'affaires est ≤ 10 000 000 F par an, tu relèves automatiquement du régime simplifié des très petites entreprises. Un forfait annuel unique remplace alors l'IT et la CST :
| Chiffre d'affaires annuel | Forfait TPE |
|---|---|
| ≤ 2 000 000 F | 25 000 F |
| 2 000 001 à 5 000 000 F | 45 000 F |
| 5 000 001 à 7 500 000 F | 110 000 F |
| 7 500 001 à 10 000 000 F | 200 000 F |
L'impôt foncier n'est pas compris dans le forfait. Une SCI loueur en meublé ne peut pas bénéficier du régime TPE (réservé aux personnes physiques).
Chapitre 3Nom propre ou société ?
Beaucoup pensent que la société, c'est forcément plus malin. Ce n'est pas toujours vrai. Voici les vraies clés pour décider — sachant que ce choix se valide avec un expert-comptable, jamais seul.
Le chiffre d'affaires annuel qui décide de presque tout : en dessous, régime simplifié TPE + pas de TVA. Au-delà, régime réel + TVA à 13 %.
Sous 10 MF cumulés : le nom propre
C'est le cas le plus fréquent, et souvent le meilleur : forfait TPE, pas de TVA, peu de frais, simplicité. Pour la majorité des loueurs, inutile de monter une société.
Au-delà de 10 MF : la société comme piste
Une société est une personne juridique distincte : son chiffre d'affaires ne s'additionne plus au tien, ce qui permet de cloisonner ton activité Airbnb et de préserver le seuil de ton activité principale. Mais attention : ce n'est pas automatiquement gagnant.