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Guide · Propriétaire bailleur en Polynésie française

Louer ton bien en Polynésie, sans faux pas.

Mettre un bien en location, ça paraît simple. Mais entre le bail à rédiger, le bon locataire à choisir, les délais à tenir et les déclarations à faire au bon moment, il suffit d'un détail oublié pour qu'une bonne opération tourne au casse-tête. Voici tout le parcours, dans l'ordre et en clair : ce que tu dois faire, ce que tu ne peux pas exiger, et les pièges que la plupart des propriétaires ne voient pas venir.

Guide gratuit · 6 chapitres + boîte à outils
Le guide du
propriétaire bailleur
Sarah Zimbris · Conseillère en immobilier
Ma promesse

Je suis formatrice, coach et conseillère en immobilier à Tahiti. Mon métier, ce n'est pas seulement les transactions : c'est de rendre lisible un marché qui ne l'est pas. Ce guide te donne tout — Loi du Pays 2012-26, plafond 889 CM, fiscalité DICP, meublé de tourisme, SCI — pour louer ton bien en connaissance de cause.

Partie 1Avant de louer : prépare ton bien et ton dossier

Avant de toucher au premier loyer, il y a un contrat à poser proprement. C'est là que tout se joue : un contrat solide, c'est autant de litiges évités ensuite. Et avant même de publier une annonce, réunis les pièces qui sécurisent la location et te permettront de rédiger un bail conforme.

Côté toi (le propriétaire)

Ce que tu peux demander au candidat

Pour un bail d'habitation, tu peux exiger de quoi vérifier l'identité et la solvabilité : pièce d'identité, contrat de travail, 3 derniers bulletins de salaire, relevés bancaires des 3 derniers mois (6 mois et avis ISPF / K-bis pour les patentés), et un justificatif de domicile.

Le partage des frais d'agence. Les honoraires de l'intermédiaire qui établit le bail sont partagés par moitié entre toi et le locataire. Tu ne supportes donc que 50 % des honoraires, et uniquement à la signature.

Choisir ton locataire sans te mettre hors-la-loi

Tu choisis librement ton locataire — mais sur des critères objectifs. Refuser quelqu'un, lui imposer des conditions différentes ou résilier son bail pour un motif personnel, c'est une infraction pénale. Et le piège : en cas de litige, c'est à toi de prouver que ta décision était justifiée.

Les motifs de refus interdits

Tu ne peux jamais refuser pour : origine, patronyme, apparence physique, sexe, situation de famille, état de santé, handicap, mœurs, orientation sexuelle, opinions politiques, activités syndicales, ou appartenance — vraie ou supposée — à une ethnie, une nation, une race ou une religion.

Ce que tu peux légitimement regarder

Le niveau et la stabilité des revenus, les garanties financières, la solvabilité, les références locatives. Tout refus n'est pas une discrimination — le motif doit juste être objectif et étranger aux critères ci-dessus.

La preuve pèse sur toi. Le candidat n'a qu'à présenter des éléments laissant supposer une discrimination (annonce ambiguë, email, témoignage). C'est ensuite à toi de démontrer que ton refus reposait sur un motif objectif. Sanctions (Code pénal art. 225-2, applicable en PF) : jusqu'à 3 ans de prison et 45 000 € d'amende. Garde tous tes échanges écrits et documente tes critères.

Partie 2Le bail : un contrat solide

Le contrat est régi par la Loi du Pays n° 2012-26. Il s'applique aux logements à usage d'habitation principale, aux locaux mixtes (pro + habitation principale) et aux annexes louées avec (garage, parking, jardin). Il ne s'applique pas aux locations saisonnières, logements-foyers, résidences services, logements de fonction, ni aux bailleurs sociaux publics.

C'est quoi un logement « meublé » ? Un logement est meublé quand il est garni de tout le nécessaire pour vivre tout de suite : au minimum une cuisinière, un réfrigérateur, une table à manger avec des chaises, et des lits en nombre adapté au nombre d'occupants.

Les mentions obligatoires du bail

Les clauses interdites (réputées non écrites)

Même si le locataire les signe, ces clauses sont nulles : elles ne produisent aucun effet et elles t'exposent. Ne les mets jamais dans tes contrats :

Tu ne peux pas interdire les animaux. Tu ne peux pas interdire à ton locataire d'avoir un animal familier. Seule exception : les chiens d'attaque de 1re catégorie. En contrepartie, le locataire répond entièrement des dégâts ou troubles causés par l'animal.

Durée du bail et renouvellement

À l'échéance, si tu ne donnes pas congé, le bail est soit reconduit tacitement (mêmes conditions, durée égale), soit renouvelé (nouveau contrat, qui peut différer, pour au moins la durée minimale légale).

L'événement doit vraiment se produire. Pour un bail dérogatoire, le contrat doit mentionner l'événement (familial ou professionnel) et ses raisons ; tu le confirmes au moins 2 mois avant le terme. Si l'événement ne se réalise pas, le bail est réputé conclu pour 3 ans.

État des lieux et inventaire

L'état des lieux se fait à deux, à la remise et à la restitution des clés — ou, à défaut, par huissier, à frais partagés par moitié. Il est joint au contrat. Pour un meublé, ajoute un inventaire détaillé du mobilier. Le locataire peut le compléter pendant 1 mois après la prise d'effet.

Ne bloque jamais l'état des lieux. Sans état des lieux, le locataire est en principe présumé avoir reçu le bien en bon état. Mais cette présomption ne joue pas pour celui qui a empêché l'état des lieux. Si c'est toi qui le refuses, tu perds cette protection.

Tes obligations de bailleur et celles du locataire

Tu dois : remettre un logement décent, sans risque manifeste pour la sécurité ou la santé ; délivrer le logement et ses équipements en bon état ; assurer une jouissance paisible et garantir le locataire des vices ou défauts ; entretenir et faire toutes les réparations autres que locatives ; ne pas t'opposer aux aménagements tant qu'ils ne transforment pas le bien.

Le locataire doit : payer le loyer et les charges aux dates convenues ; user paisiblement des locaux ; répondre des dégradations et pertes (sauf force majeure, ta faute ou le fait d'un tiers) ; assurer l'entretien courant et les réparations locatives (sauf vétusté, malfaçon, vice de construction ou force majeure) ; ne pas transformer les locaux sans ton accord écrit ; s'assurer contre les risques locatifs et le justifier chaque année.

Partie 3Loyer, dépôt de garantie et caution

Le loyer est fixé librement entre vous. Tu dois remettre gratuitement une quittance au locataire qui la demande, en distinguant loyer, droit de bail et charges ; en cas de paiement partiel, délivre un reçu.

Le dépôt de garantie : mode d'emploi

  • Plafond : 1,5 mois de loyer principal maximum.
  • Aucun dépôt si le loyer est payable d'avance pour plus de 2 mois — sauf si le locataire demande à payer au mois.
  • Il ne produit pas d'intérêt pour le locataire et ne peut pas être révisé pendant le bail.
  • Restitution sous 1 mois maximum après remise des clés, déduction faite des sommes dues et justifiées. Au-delà, le solde dû produit intérêt au taux légal au profit du locataire.

La caution solidaire

Réviser le loyer : le régime depuis 2024

C'est le point qui a le plus bougé. Depuis l'arrêté n° 889 CM du 27 juin 2024, les règles de révision s'appliquent à tous les baux signés, reconduits ou renouvelés — même tacitement — à partir du 30 août 2024.

Une révision irrégulière, ça se paie. C'est une contravention de 5e classe — 178 997 F CFP par infraction — de réviser à une mauvaise date, de pratiquer un rattrapage interdit, de percevoir un loyer révisé rétroactivement, ou d'appliquer un taux au-dessus de la limite.

Partie 4Gérer la vie du bail

Charges récupérables et régularisation

Les charges récupérables sont exigibles sur justification, en contrepartie des services rendus liés à l'usage du bien, de l'entretien courant et des menues réparations sur les éléments communs. Leur liste est fixée par l'arrêté 1995 CM du 27 décembre 2012.

Travaux, voisinage et sous-location

Si des travaux essentiels à la salubrité sont nécessaires, le locataire te met en demeure par LRAR. Dans les 15 jours, réponds par LRAR en disant si tu acceptes ; si oui, les travaux commencent dans le mois. Sans réponse ou en cas de refus, il peut saisir le juge des référés et compenser le coût réel avec les loyers, dans la limite de 25 % du loyer annuel.

Le locataire ne peut ni céder le bail ni sous-louer sans ton accord écrit ; le loyer au m² de la sous-location ne peut pas dépasser le sien.

Impayés et défaut d'assurance

La clause résolutoire ne joue jamais toute seule : il faut un commandement préalable et des délais incompressibles.

Partie 5Donner congé, reprendre ou vendre

Tu ne peux donner congé qu'à l'échéance du bail, et seulement pour un motif prévu par la loi (reprise, vente, ou motif légitime et sérieux). À peine de nullité, le congé indique le motif et, en cas de reprise, les nom et adresse du bénéficiaire.

Les 3 motifs de congé admis

Motif n°1

Motif légitime et sérieux

Retards de loyer répétés, troubles du voisinage, sous-location non autorisée, travaux sans accord du locataire… Le motif doit être démontré et proportionné.

Motif n°2

Reprise du logement

Pour y habiter toi-même ou y loger un proche (conjoint, partenaire de PACS, concubin depuis 1 an, ascendants ou descendants), pendant au moins 2 ans.

Motif n°3

Vente du logement

Le congé doit indiquer prix et conditions et vaut offre de vente prioritaire au locataire (droit de préemption) pendant les 2 premiers mois du préavis.

Délais et formes

Protection des locataires âgés. Tu ne peux pas refuser le renouvellement à un locataire de plus de 70 ans dont les ressources annuelles sont inférieures à 1,5 fois le SMIG annuel, sans lui proposer un logement adapté à proximité, sur la même île. Exception : si tu as toi-même plus de 60 ans, ou si tes propres ressources sont sous ce seuil.

Reprise : conditions et sanctions

Le congé pour reprise ne peut profiter qu'à : toi, ton conjoint, ton partenaire de PACS, ton concubin notoire depuis au moins un an, tes ascendants et descendants ou ceux de ton conjoint/partenaire/concubin. Tout autre bénéficiaire rend le congé nul.

Sanction du détournement de reprise. Si tu ne respectes pas ces conditions, tu dois à l'occupant évincé une indemnité pour privation injustifiée de jouissance qui ne peut pas être inférieure à 6 mois de loyer.

Vendre un bien loué

Le congé pour vente doit, à peine de nullité, indiquer le prix et les conditions. Il vaut offre de vente au profit du locataire (droit de préemption), valable pendant les 2 premiers mois du préavis. S'il accepte, il a 1 mois pour réaliser l'acte (3 mois avec un prêt).

Baisser le prix rouvre un droit de préemption. Si tu décides ensuite de vendre à un prix ou des conditions plus avantageux, le notaire (ou toi) doit notifier ce nouveau prix au locataire, à peine de nullité de la vente — même s'il a déjà quitté le logement. Cette offre vaut 1 mois.

Si le bien est vendu sans congé, le bail continue. Le nouveau bailleur doit juste notifier au locataire son identité.

Abandon ou décès du locataire

En cas d'abandon ou de décès, le bail n'est pas automatiquement résilié : il se poursuit ou se transfère, dans cet ordre : conjoint (ou survivant) ; partenaire de PACS ; descendants vivant avec le locataire depuis au moins 1 an ; ascendants, concubin notoire ou personnes à charge vivant avec lui depuis au moins 1 an. À défaut, le bail est résilié de plein droit : il ne se transmet pas aux héritiers qui ne vivaient pas dans le logement.

Partie 6Fiscalité, immatriculation et déclarations

C'est la partie que tout le monde redoute — et c'est justement là que tu peux éviter les vraies mauvaises surprises. Dès que tu loues, tu exerces une activité que l'administration suit de près.

Les 4 prélèvements à connaître

En Polynésie, l'imposition de tes loyers ne passe pas par un impôt sur le revenu. Ta location est suivie par la DICP, avec ses propres prélèvements.

Impôt n°1

Patente

L'équivalent local d'une taxe pro. 2 % des loyers annuels hors charges + centimes communaux. Exonéré sous 2 MF CFP/an de loyers bruts.

Impôt n°2

IT — Impôt sur les transactions

Barème progressif de 1,5 % à 11 % selon les tranches de loyers annuels. Coefficient modérateur ÷2 pour le meublé. 3 premiers exercices exonérés.

Impôt n°3

CST — Contribution de Solidarité Territoriale

S'ajoute à l'IT, sur les mêmes loyers, barème de 0,75 % à 5 %. Tu n'as rien à calculer : elle t'est notifiée par avertissement, en général en juin.

Impôt n°4

Impôt foncier

Parce que tu es propriétaire d'un bien bâti. Base = loyer annuel avec double abattement 25 % puis 30 %, taux 10 % part Pays + centimes communaux (1 % à 50 %).

Spécifique Polynésie — Trois locations, trois fiscalités. La location vide longue durée, la location meublée longue durée et le meublé de tourisme (saisonnier, type Airbnb) ne suivent pas les mêmes règles. Le plus gros écart : le meublé de tourisme paie plus cher (foncier alourdi, TVA, taxe de séjour) mais profite d'une grosse exonération de démarrage.

T'immatriculer : la déclaration d'existence

Avant le premier loyer, tu dois te faire connaître : c'est la déclaration d'existence (l'inscription à la patente). La patente n'est pas une autorisation d'exercer, c'est une contribution — mais c'est elle qui t'ouvre ton numéro T.A.H.I.T.I.

Le délai : dans les 3 mois qui suivent le début de la location — même délai pour signaler une modification ou la cessation.

L'oubli d'inscription se paie cher. Si tu ne te déclares pas, l'administration peut faire une taxation d'office : elle fixe elle-même tes bases, et ajoute une pénalité de 40 % ou 80 % des droits dus.

Le barème de l'impôt sur les transactions

Deux bonnes nouvelles : pour un loueur en meublé, l'impôt obtenu est divisé par deux (coefficient modérateur, art. LP 188-4) ; et une activité nouvelle est exonérée d'IT pendant ses 3 premiers exercices.

Ton calendrier déclaratif

Même si tu n'as rien encaissé ou si tu es en exonération, dépose quand même ta déclaration (en indiquant 0) : c'est elle qui permet d'appliquer ton exonération. Les avis tombent ainsi : patente au 31 mai, IT et CST au 30 juin, impôt foncier au 31 juillet.

Le retard coûte cher, vite. Une déclaration en retard, c'est 10 % de pénalité plus 0,2 % par mois. Ne pas recevoir ton avis ne te dispense de rien : contacte la DICP, les majorations s'appliquent quand même.

Le meublé de tourisme (Airbnb) : une autre fiscalité

Si tu loues en courte durée (séjours de moins de 3 mois), tu fais du meublé de tourisme, une activité commerciale à part entière (code L23). En plus de la patente, tu enregistres ton meublé auprès du Service du Tourisme et de ta mairie (taxe de séjour).

Années 1 à 3 : exonération d'IT, de CST et de patente. Ensuite, sous 10 MF de CA (et si ce n'est pas ta seule activité), forfait TPE unique. Au-delà de 10 MF, ou activité unique : régime réel. Différences : pas d'exonération des 2 MF, foncier alourdi (valeur locative = 12 % de la valeur vénale, loi 2024-08), TVA à 13 %, et taxe de séjour à collecter.

Ce qui reste dû pendant l'exonération de 3 ans. L'exonération de démarrage porte sur l'activité (IT, CST, patente). Mais l'impôt foncier et la taxe de séjour restent dus dès la première année. « Exonéré » ne veut jamais dire « zéro impôt ».

En direct ou via une SCI ?

Il faut au moins 2 associés, des statuts, un enregistrement à 1 % du capital, une immatriculation au RCS via la CCISM et une publication légale. Par défaut, la SCI est transparente : ce sont les associés qui paient patente, IT et CST. Elle peut opter (irrévocablement) pour l'impôt sur les sociétés local (29 % + 5 % de contribution ≈ 34 %).

Attention : dans une SCI, la responsabilité est illimitée et proportionnelle aux parts — pas limitée à l'apport comme dans une SARL.

La réforme 2024 sur les parts. Avant, on cédait des parts de SCI en payant peu de droits. Depuis 2024, la cession de parts d'une SCI « à prépondérance immobilière » (plus de 50 % de l'actif en immeubles) est taxée comme une vente d'immeuble en direct. Vérifie toujours le coût d'une cession avant de monter ta structure.
Quand la SCI vaut le coup (et quand non). Plutôt en nom propre si tu achètes seul un bien simple. Plutôt en SCI pour détenir à plusieurs sans subir l'indivision, transmettre progressivement à tes enfants, ou sortir d'une indivision successorale bloquée — un cas très polynésien. Dans tous les cas : le bon montage se décide avec un notaire et un comptable qui connaissent la fiscalité locale.
Boîte à outils

Tous les modèles de courriers indispensables sont dans le guide.

8 lettres types prêtes à compléter : quittance de loyer, révision annuelle, régularisation des charges, mise en demeure (impayé, assurance), congé pour vente, congé pour reprise, restitution du dépôt de garantie. Plus une checklist complète de validation du locataire. Télécharge le guide, garde-les sous la main.

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Partie 7Contacts utiles en Polynésie française

Le grand quiz

À toi de jouer · 15 questions pour devenir incollable

Bail, plafonds, délais, fiscalité, SCI : 15 questions pour vérifier que tu connais tes droits et obligations de bailleur en PF. À la fin, ton score sur 20 et un verdict.

Comment ça marche : tu choisis ta réponse, la bonne s'affiche aussitôt avec l'explication. Quand tu as répondu aux 15, ton score sur 20 s'affiche.

Réponses : 0 / 15
Bonnes réponses : 0
Question 01 / 15Vrai / Faux

« Les honoraires d'agence pour rédiger le bail sont entièrement à ma charge en tant que bailleur. »

Faux. En Polynésie, les honoraires d'agence sont partagés moitié-moitié entre bailleur et locataire (Loi du Pays 2012-26). Tu ne supportes que 50 %, et uniquement à la signature.

Question 02 / 15Compréhension

Quel est le plafond légal du dépôt de garantie que tu peux demander ?

Réponse : B — 1,5 mois maximum, hors charges. Pas d'intérêts pour le locataire, pas de révision. Aucun dépôt si le loyer est payable d'avance pour plus de 2 mois.

Question 03 / 15Vrai / Faux

« Je peux interdire à mon locataire d'avoir un chat dans le logement. »

Faux. La Loi du Pays 2012-26 t'interdit cette clause (seule exception : les chiens d'attaque de 1re catégorie). En contrepartie, le locataire répond entièrement des dégâts ou troubles causés par l'animal.

Question 04 / 15Compréhension

Quelle est la durée minimale d'un bail vide (non meublé) en Polynésie ?

Réponse : B — 3 ans minimum pour un bail vide, c'est le standard du marché résidentiel. Pour un meublé : 1 an minimum. Étudiant : 9 mois (sans reconduction tacite).

Question 05 / 15Vrai / Faux

« Je peux donner congé à mon locataire par email, ça compte juridiquement. »

Faux. Le congé n'est valable que par LRAR ou par acte d'huissier. L'email, le SMS et même la remise en main propre n'ont aucune valeur juridique, même signée par le locataire.

Question 06 / 15Compréhension

Quelle est la sanction pour une révision de loyer irrégulière (mauvaise date, taux au-dessus du plafond) ?

Réponse : C — 178 997 F CFP par infraction (contravention de 5e classe). Sanctionne le fait de réviser à mauvaise date, de pratiquer un rattrapage interdit, de percevoir un loyer révisé rétroactivement, ou d'appliquer un taux au-dessus de la limite.

Question 07 / 15Vrai / Faux

« Quand je donne congé pour vendre, ça vaut offre de vente prioritaire à mon locataire. »

Vrai. Le congé pour vente vaut offre de vente à son profit (droit de préemption) et doit indiquer prix et conditions — sans ces mentions, il est nul. Valable les 2 premiers mois du préavis. Et si tu baisses ensuite le prix, tu dois renotifier la nouvelle offre.

Question 08 / 15Compréhension

Pour un bail vide de 3 ans, ton préavis de bailleur pour donner congé est de :

Réponse : C — 6 mois avant l'échéance pour un bail > 1 an. Pour un bail ≤ 1 an (meublé, étudiant) : 2 mois avant l'échéance. Forme imposée : LRAR ou huissier uniquement.

Question 09 / 15Vrai / Faux

« Si mes loyers annuels sont sous 2 millions F CFP, je suis dispensé de me déclarer à la DICP. »

Faux. Exonéré ne veut pas dire dispensé. Sous 2 MF de loyers, tu es exonéré du paiement de la patente, mais tu dois quand même t'inscrire à la DICP (déclaration d'existence dans les 3 mois) et déposer chaque année ta déclaration de loyers, même à zéro.

Question 10 / 15Compréhension

Quel est le taux de l'impôt sur les transactions (IT) sur la première tranche (jusqu'à 5,5 MF CFP de loyers annuels) ?

Réponse : A — 1,5 % jusqu'à 5,5 MF de loyers annuels. Le barème est progressif : 4 % jusqu'à 11 MF, 5 % jusqu'à 22 MF, 6 % jusqu'à 55 MF, 8 % jusqu'à 82,5 MF, 11 % au-delà. Coefficient modérateur ÷2 pour le meublé, et exonération les 3 premiers exercices.

Question 11 / 15Vrai / Faux

« Un meublé de tourisme nouveau bénéficie d'une exonération d'IT, CST et patente pendant 3 ans. »

Vrai. Années 1 à 3 : exonération d'IT, CST et patente. Attention : l'impôt foncier et la taxe de séjour restent dus dès la première année. Et le foncier est alourdi : valeur locative = 12 % de la valeur vénale (loi 2024-08).

Question 12 / 15Compréhension

Quel est le délai pour faire ta déclaration d'existence à la DICP après le début de la location ?

Réponse : B — 3 mois. Même délai pour signaler une modification ou la cessation. L'oubli expose à une taxation d'office + pénalité de 40 % ou 80 % des droits dus.

Question 13 / 15Vrai / Faux

« Dans une SCI, ma responsabilité est limitée à mon apport, comme dans une SARL. »

Faux. Dans une SCI, la responsabilité est illimitée et proportionnelle aux parts. Si la SCI ne peut pas payer ses dettes, les créanciers peuvent se retourner contre toi, à hauteur de ta part. C'est très différent d'une SARL où la responsabilité est limitée à l'apport.

Question 14 / 15Compréhension

Quel est le délai maximum pour restituer le dépôt de garantie après la remise des clés ?

Réponse : A — 1 mois maximum. Au-delà, le solde dû produit intérêt au taux légal au profit du locataire. Toute retenue doit s'appuyer sur des factures ou devis réels, jamais sur un forfait.

Question 15 / 15Vrai / Faux

« Je peux refuser une famille avec enfants si je préfère un couple sans, c'est mon choix. »

Faux. La situation de famille (enfants, grossesse) est un critère interdit par l'art. 225-1 du Code pénal (applicable en PF). Refuser pour ce motif est une discrimination pénale — jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende. Et c'est à toi de prouver que ton refus reposait sur un motif objectif (revenus, garanties).

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Sarah Zimbris, conseillère en immobilier en Polynésie
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Sarah Zimbris

Formatrice, coach et conseillère en immobilier à Tahiti

15 ans d'immobilier : d'abord plusieurs années sur le terrain en métropole, puis en Polynésie comme formatrice et coach immobilier, où j'ai accompagné une centaine d'agents et enseigné à l'université. Aujourd'hui, j'ajoute une corde à mon arc en endossant aussi le rôle de conseillère, aux côtés de celles et ceux qui ont un projet : acquéreurs, vendeurs, locataires, investisseurs.

Mon métier, ce n'est pas seulement les transactions : c'est de rendre lisible un marché qui ne l'est pas.

N° TAHITI F 37560
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Sarah Zimbris

Document d'information à vocation pédagogique. Volet juridique : Loi du Pays n° 2012-26, arrêtés n° 889 CM, 1462 CM, 1995 CM, Code pénal art. 225-1 et 225-2. Volet fiscal : Code des impôts de la PF, loi du pays n° 2024-08, doctrine de la DICP. Ne constitue pas un conseil juridique individualisé.