Guide vendeur · La préparation · Polynésie française

Préparer ta vente (et ton bien).

Publié le · Par Sarah Zimbris, agent immobilier (N° TAHITI F 37560)

La décision est prise, ou presque. Maintenant on prépare le dossier et le bien pour vendre au bon prix, sans retard de dernière minute. Une vente se gagne avant la mise en vente : quoi préparer, dans quel ordre, et pourquoi. Ton dossier d'abord, ton bien ensuite.

Couverture du guide Préparer ta vente (et ton bien), par Sarah Zimbris

Dans le Guide 1, on a posé la vraie question : vendre, ou pas. Si tu lis celui-ci, c'est que la réponse est oui, ou presque. Alors parlons de ce qui sépare une vente fluide d'une vente qui traîne : la préparation. La plupart des vendeurs croient que vendre commence le jour où l'annonce est publiée. En réalité, une vente se gagne ou se perd avant. Avant la première photo, avant la première visite, avant la première offre.

Partie 1Le dossier d'abord, pas les photos

01.Un acquéreur, c'est volatile

Commençons par la chose la plus importante de tout ce guide. Un acheteur qui fait une offre sur ton bien n'a pas acheté ton bien. Il a dit oui à ce moment-là. Entre son offre et la signature du compromis (l'avant-contrat qui engage vraiment les deux parties), il se passe des jours, parfois des semaines. Et pendant ce temps, il ne se passe rien de bon : il continue de recevoir des alertes, ses proches lui donnent leur avis, il revisite mentalement sa décision. S'il tombe sur un autre bien pendant que ton dossier fait attendre le notaire, il peut très bien signer ailleurs.

Je le dis sans détour parce que je le vois régulièrement : des ventes qui capotent non pas parce que le bien ne plaisait plus, mais parce que le dossier n'était pas prêt et que l'acheteur s'est lassé d'attendre. La parade est simple, et elle ne dépend que de toi : un dossier plus que complet, préparé avant la mise en vente. Quand tout est réuni dès le départ, le compromis peut se signer dans la semaine qui suit l'offre. L'acheteur n'a pas le temps de douter. Et toi, tu ne laisses aucune place au hasard.

Le principe de tout ce guide

Une offre acceptée ne vaut rien tant que le compromis n'est pas signé. Un dossier incomplet, ce sont des semaines d'attente ; des semaines d'attente, c'est un acheteur qui continue de visiter. Objectif : le compromis signé dans la semaine qui suit l'offre. Tout ce qui suit sert cet objectif.

02.Ce que le notaire va te demander (et pourquoi)

Quand je prends un mandat, la première chose qu'on fait ensemble, ce n'est pas les photos. C'est la liste des pièces. Parce que chaque document a une raison d'être, et que le comprendre change tout : tu ne subis plus la paperasse, tu construis ta vente.

Pour tous les biens, sans exception

Titre de propriété

La pièce zéro.

Acte notarié, attestation de vente, acte de notoriété, partage ou donation. Elle prouve que tu es propriétaire, et surtout comment tu l'es (nom propre, société, à plusieurs). Tout le reste en découle.

Pièces d'identité

Recto verso, pour tous les propriétaires.

Le notaire vérifie que la personne qui signe est bien celle qui figure au titre. Pas d'improvisation possible.

Livret de famille

Régime matrimonial, PACS, divorce.

Ton conjoint peut avoir son mot à dire, même s'il n'est pas au titre. Sur une résidence principale notamment, il devra souvent intervenir au mandat et à l'acte. Mieux vaut le savoir au départ qu'au moment de signer.

Avis d'impôt foncier

Le dernier avis.

Le jour de l'acte, le notaire calcule un prorata et l'acheteur te rembourse les mois restants de l'année. Sans l'avis, pas de calcul.

Si le bien appartient à une société (SCI, SARL)

Ajoute : un extrait Kbis récent (la carte d'identité de la société ; commande-le tôt, celui qui dort dans ton tiroir est probablement périmé), les statuts à jour (pour vérifier les pouvoirs du gérant), la pièce d'identité du représentant légal, et — si la vente ne fait pas partie des pouvoirs du gérant — un procès-verbal d'assemblée générale autorisant la vente.

C'est le point qui surprend le plus les gérants : on ne vend pas un bien de la société tout seul, même quand on en détient 99 %.

03.Pourquoi on fait équipe là-dessus

Je pourrais me contenter de t'envoyer la liste. Ce n'est pas ma façon de faire. Je t'explique chaque pièce, je te dis où la trouver, et je vérifie que le dossier est complet avant la première visite.

Et si tu veux aller plus loin : tu peux me signer une procuration qui m'autorise à récupérer directement les pièces pour toi, auprès du notaire, du syndic, de l'administration. Ça te décharge complètement, et relancer ces interlocuteurs, j'en ai l'habitude : je sais qui appeler, quand, et comment obtenir une réponse.

Objectif inchangé : le jour où l'offre arrive, le notaire a déjà tout, et le compromis se signe dans la semaine.

Passe de la théorie à ton cas

La check-list « prêt à vendre » qui verrouille ton dossier.

Deux pages à imprimer, une case par pièce, une par action. Coche au fur et à mesure, laisse le reste vide. Quand tout est coché, ton dossier est plus solide que celui de 90 % des vendeurs.

Télécharger la check-list

Partie 2Selon ton bien, des devoirs en plus

04.Tu vends un appartement en copropriété

Trois familles de documents, et chacune rassure l'acheteur sur un point précis.

Le règlement

Règlement de copropriété + modificatifs.

C'est le mode d'emploi de l'immeuble : ce que ton acheteur pourra faire ou non chez lui.

Les PV

Les 3 dernières assemblées générales.

La météo de la copro. Travaux votés, en discussion, procédures en cours : ton acheteur (et sa banque) veut savoir s'il achète dans un immeuble serein ou dans un immeuble à histoires.

Les charges

Dernier état de répartition + 3 derniers appels.

Pour dire à ton acheteur combien il paiera au syndic, et permettre au notaire de faire le prorata du trimestre.

Ces pièces, c'est le syndic qui les détient

Et un syndic, ça a ses délais. C'est le genre de demande à lancer dès la décision de vendre : tu trouveras un modèle prêt à compléter dans la boîte à outils. Ou, avec ma procuration signée, je m'en occupe intégralement : demander, relancer, réceptionner, vérifier. Récupérer des documents auprès des syndics, c'est mon quotidien.

05.Tu vends une maison

La pièce reine : la Note de Renseignements d'Aménagement (NRA), de moins de 6 mois. C'est la carte d'identité administrative de ta parcelle : la zone d'urbanisme, les risques naturels recensés, les servitudes administratives, ce qu'on peut y construire. L'acheteur en a besoin pour savoir où il met les pieds, et le notaire l'exigera.

Bonne nouvelle : la demande est simple, et je t'explique pas à pas comment l'obtenir (formulaire, pièces jointes, dépôt) dans la boîte à outils. Ou je m'en charge, c'est compris dans mon accompagnement.

Si c'est toi (ou ton vendeur d'origine) qui a construit

Ajoute le permis de construire avec ses plans, la déclaration d'achèvement et l'attestation de conformité. Le permis donne le droit de construire, la conformité prouve que ce droit a été respecté. Ce sont deux documents différents, et il faut les deux.

Si des travaux ont été faits depuis l'achat

Pour les travaux soumis à autorisation (extension, piscine, fare annexe, modification de façade ou de toiture) : le dépôt du permis ou de la déclaration, l'accord de la commune et la conformité. Pour tous les travaux de moins de 10 ans : les factures. Celui qui a réalisé les travaux en est responsable pendant 10 ans, et ton acheteur voudra savoir vers qui se tourner. Si les artisans étaient assurés en décennale, joins les attestations : elle n'est pas obligatoire en Polynésie, donc quand elle existe, c'est un vrai plus qui valorise ton bien.

Ta maison est à Papeete ? La question du tout-à-l'égout

Si ta rue est desservie, le raccordement est obligatoire et l'acheteur (bien conseillé) exigera le certificat de conformité. Pas raccordé alors que tu devrais l'être ? Une pénalité progressive court déjà sur ta facture d'eau, et elle grimpe jusqu'à 150 % du tarif d'assainissement. Ce n'est pas un détail : c'est un passif que l'acheteur chiffrera et déduira du prix. Autant le traiter, ou au minimum le chiffrer, avant la mise en vente.

06.Tu vends un terrain

La NRA de moins de 6 mois, encore elle. Et pour un terrain, elle est carrément décisive : elle te dit si tu dépends d'un PGA (le plan général d'aménagement de ta commune) ou, à défaut, du code de l'aménagement de la Polynésie française, et si tu dépends du PGA, dans quelle zone tu te situes. Elle recense aussi la zone du PPR (le plan de prévention des risques naturels : inondation, mouvement de terrain, submersion), les servitudes administratives et le droit de préemption éventuel de la commune.

N'oublie jamais ceci : la valeur d'un terrain dépend de ce qu'on peut bâtir dessus, pas juste de sa surface. Un acheteur de terrain achète un projet ; sans NRA, il achète un doute. Et un doute, ça ne signe pas, ou ça négocie fort.

La NRA est obligatoire au compromis

Si tu ne l'as pas déjà, le notaire la demandera. Et là, compte 3 à 4 semaines d'attente pour la recevoir : un acheteur qui patiente, c'est potentiellement un acheteur qui s'en va. Ou qui renégocie le prix en découvrant ce que la NRA contient, si elle est défavorable. La demander avant, c'est garder la main.

Si ton terrain est en zone bleue ou rouge du PPR, ne laisse pas ton acheteur l'apprendre chez le notaire. L'information sortira de toute façon, la NRA est là pour ça. La question, c'est quand : découverte en fin de parcours, elle rebat les cartes au pire moment (renégociation, conditions ajoutées, voire acheteur qui se retire). Anticipée, elle devient un paramètre de ton prix et de ta stratégie, que tu maîtrises.

Dans le même esprit, l'étude de sol de type G1 (l'étude géotechnique préalable) est un vrai plus. Elle ne répond pas à « est-ce que je peux construire » mais à « comment je peux construire, et à quel coût » : la nature du sol, les fondations adaptées, et les surcoûts à prévoir. Un vendeur qui fournit la G1 vend un projet dérisqué, et ça se voit sur le délai comme sur le prix.

Le point qui tue les ventes de terrain

Accès et servitudes : as-tu vraiment le droit ?

Ton terrain est desservi par un chemin qui passe chez le voisin ? La question n'est pas « est-ce que ça passe », mais « en as-tu le droit ». Un passage utilisé depuis des années avec la gentillesse du voisin n'est qu'une simple tolérance : elle ne crée aucun droit, elle ne se transmet pas à ton acheteur, et elle peut s'arrêter du jour au lendemain, au premier changement de propriétaire ou à la première brouille.

Ce qu'il faut, c'est une servitude établie en bonne et due forme : inscrite dans ton titre de propriété ou constituée par acte notarié, avec son assiette (où elle passe) et ses conditions. Et attention : la NRA ne recense que les servitudes administratives. Les servitudes entre particuliers ne s'y trouvent pas : c'est ton titre de propriété qui les révèle.

Même vigilance dans l'autre sens : quelles servitudes traversent ton terrain (passage du voisin, réseaux, écoulement des eaux) ? Elles suivent le terrain, ton acheteur les reprend. Il doit les connaître avant, pas les découvrir chez le notaire. Titre + NRA récente + le cas échéant un géomètre : on verrouille ça au moment du dossier, pas au moment de l'offre.

Partie 3Les situations à régler avant de vendre

07.L'indivision : rien ne se vend sans tout le monde

Un bien en indivision ne se vend qu'avec l'accord de tous les indivisaires. Un seul absent, opposé ou introuvable, et la vente est bloquée, voire nulle si elle est passée en force. Si ton bien est en indivision (héritage, achat à plusieurs, séparation), c'est LE chantier à ouvrir en premier, parfois des mois avant la mise en vente.

08.L'indivisaire qui vit en métropole : la plus-value surprise

Un cas que je rencontre de plus en plus souvent : un bien détenu à deux (parent-enfant, frère-sœur, ex-conjoints), et l'un des indivisaires vit en France métropolitaine. Mutation, études, nouvelle vie. Au moment de vendre, tout le monde raisonne avec les règles polynésiennes. Erreur.

Il n'existe pas de convention fiscale entre la Polynésie et la métropole qui protège les plus-values immobilières. Résultat : chaque indivisaire est imposé selon les règles de son lieu de résidence fiscale, appréciée à la date de la vente. Et les deux régimes n'ont rien à voir.

Concrètement : sur un bien détenu depuis 12 ans, l'indivisaire polynésien ne paie rien sur sa part… et l'indivisaire métropolitain peut laisser plus d'un tiers de sa plus-value à l'administration. Sur la même vente. Le même jour.

Histoire vraie — La résidence fiscale qui change tout

Une maman en Polynésie et son fils, co-propriétaires depuis plus de 10 ans d'un bien mis en location. Le fils étudie en métropole depuis un an. S'il est qualifié de résident fiscal métropolitain à la date de la vente, sa moitié de plus-value bascule dans le régime métropolitain, alors que celle de sa mère reste totalement exonérée.

Sa situation se défendait bien (études temporaires, foyer et attaches en Polynésie), mais il a fallu l'analyser et le documenter avant le compromis, pas après.

Ce qu'il faut retenir : la résidence fiscale ne se décrète pas, elle s'apprécie selon des critères précis (où est ton foyer, où tu séjournes principalement, où est le centre de tes intérêts économiques). Si un des indivisaires vit en métropole, ou pourrait être considéré comme y vivant, le sujet se traite dès la préparation de la vente, avec le notaire, et au besoin avec un fiscaliste.

09.La succession pas (complètement) réglée

« La maison de maman » ne se vend pas tant que la succession n'est pas juridiquement bouclée : acte de notoriété, attestation de propriété immobilière, éventuel partage. Si tu es dans ce cas, le premier rendez-vous n'est pas avec moi, il est chez le notaire. Mais viens me voir quand même : je te dirai dans quel ordre prendre les choses pour ne pas perdre de temps.

10.Les travaux non déclarés : régulariser ou assumer, mais pas cacher

L'extension jamais déclarée, la piscine « oubliée », le fare d'invités construit au fond du jardin… En Polynésie, un bien sans conformité n'est pas forcément invendable. Mais un bien qui cache son irrégularité, si.

Au moment de la vente, tout ce qui se trouve sur ton terrain devra être décrit précisément au notaire, et il te demandera de justifier chaque construction et chaque gros travaux, avec leur date de réalisation. Si tu caches quelque chose, tu commets un dol (une tromperie volontaire qui a décidé l'acheteur) : ta responsabilité est engagée, l'acheteur floué peut agir contre toi, et la vente peut être annulée.

Il faut aussi mesurer ce que ton acheteur reprend avec un bien non conforme : tant que la situation n'est pas régularisée, aucun nouveau permis ne pourra être délivré. Si la régularisation n'est pas possible, le bien est gelé : impossible d'agrandir, de modifier, de faire évoluer. Et en cas de destruction (incendie, cyclone), l'acheteur ne pourra reconstruire que la partie qui avait été déclarée conforme. Un acheteur bien conseillé le sait, et le prix s'en ressentira.

Trois chemins possibles, du plus simple au plus délicat :

Chemin 1

Le simple oubli.

Les travaux sont conformes au permis mais la conformité n'a jamais été demandée : on dépose la demande, et le bien se vend valorisé.

Chemin 2

Le régularisable.

Les travaux ont été modifiés mais restent compatibles avec les règles actuelles : permis modificatif ou régularisation. La vente peut même se faire sous condition suspensive de régularisation.

Chemin 3

Le non-régularisable.

On vend en transparence : l'irrégularité est mentionnée au compromis, l'acheteur signe une information préalable, et le prix en tient compte.

La prescription n'efface rien

La prescription pénale (3 ans) éteint les poursuites de l'administration, mais elle n'efface jamais l'irrégularité. Et les voisins peuvent agir en justice pendant 10 ans. Chaque situation mérite son diagnostic : c'est exactement le genre d'analyse que je fais avant la mise en vente.

11.Ton bien est loué : deux stratégies, un vrai choix

Vendre occupé

Ton acheteur est un investisseur : il achète le bien et son locataire. Avantages : pas de vacance, un historique de loyers qui rassure sa banque. Inconvénient : la cible est plus étroite (l'immense majorité des acheteurs cherchent leur résidence principale), et le prix peut subir une décote d'occupation, en moyenne autour de 10 %. Elle se creuse surtout quand le loyer en place est bas par rapport au marché, et/ou quand le locataire ne peut pas partir (locataire âgé protégé, notamment). Un bien loué au prix du marché avec un bail qui se termine bientôt, lui, décote très peu.

Côté dossier : le bail original, l'état des lieux d'entrée (c'est le référentiel du bail), les dernières quittances (un locataire à jour, ça se prouve), l'attestation d'assurance du locataire et ton assurance PNO. Et le dépôt de garantie : il suit le logement, pas le bailleur — le notaire l'intègre au décompte le jour de l'acte.

Vendre vide

Prix de marché plein, mais un calendrier verrouillé par la loi. Le congé pour vente se donne pour l'échéance du bail, avec préavis : 6 mois avant l'échéance pour un bail de plus d'un an (c'est le cas du bail vide, conclu pour 3 ans minimum), 2 mois pour un bail d'un an (le meublé). Il doit mentionner le prix et les conditions, à peine de nullité, parce qu'il vaut offre de vente prioritaire à ton locataire (son droit de préemption, valable les 2 premiers mois du préavis). Rate la fenêtre, et ton projet est reporté d'un an, voire trois.

Attention — Le piège de la lettre recommandée

Le préavis ne court qu'à compter de la réception du recommandé par ton locataire. S'il ne va pas chercher le pli (« avisé, non réclamé »), la Cour de cassation le juge de façon constante : le congé n'est pas régulièrement délivré et ne produit aucun effet, même si le locataire est de mauvaise foi.

Et ici, la loi du Pays ne prévoit que deux formes valables : la lettre recommandée ou l'acte de Commissaire de Justice (l'huissier). La remise en main propre n'en fait pas partie. Le réflexe sûr : dès que le calendrier compte, le Commissaire de Justice. Son acte vaut à la date de son passage, même locataire absent ou refusant. Environ 23 000 à 25 000 F l'acte, pour sécuriser un projet à plusieurs dizaines de millions.

Dernier point de vigilance — Le locataire protégé

Un locataire de plus de 70 ans dont les ressources annuelles sont inférieures à 1,5 fois le SMIG annuel bénéficie d'une protection renforcée : tu ne peux pas refuser le renouvellement de son bail sans lui proposer un logement adapté à proximité, sur la même île. Exception : si toi-même tu as plus de 60 ans, ou des ressources sous ce même seuil. Si ton locataire est dans ce cas, on en parle avant de bâtir la stratégie, pas après.

Le modèle exact pour le congé

Le modèle « congé pour vente » à recopier, calibré loi du Pays.

Références aux articles LP.18 et LP.21, préavis 6 ou 2 mois, offre prioritaire au locataire : c'est l'annexe A.5 du PDF. Utilise-le tel quel, ou signe une procuration et je m'en occupe avec un huissier.

Récupérer le modèle

Partie 4Prépare ton bien (et tes photos)

12.Pourquoi la mise en valeur n'est pas de la déco

Commençons par une image que j'utilise en conférence : comment tu te préparerais pour aller à un rendez-vous galant ? Tu ne changes pas qui tu es. Tu te montres sous ton meilleur jour. Pour ton bien, c'est exactement pareil.

Soyons clairs sur ce qu'est la mise en valeur, et ce qu'elle n'est pas. Ce n'est pas cacher les défauts — on l'a vu au chapitre précédent : c'est interdit, et ça peut faire annuler ta vente. C'est l'inverse. Il s'agit d'enlever tout ce qui parasite le regard de l'acheteur (le désordre, l'usure visible, la décoration trop personnelle) pour qu'il voie enfin le bien lui-même : ses volumes, sa lumière. Et qu'il puisse s'y projeter.

Pourquoi ça marche ? Parce qu'un acheteur ne décide pas avec un tableau Excel. Il se fait une opinion dans les 7 à 10 premières secondes de visite. Une impression, avant toute réflexion. Un bien mis en valeur nourrit cette impression dans le bon sens : 77 % des acheteurs disent se projeter plus facilement dans un bien préparé, et 28 % vont jusqu'à fermer les yeux sur des défauts quand la présentation est soignée.

Et pour toi, vendeur, le résultat est double. Tu vends plus vite : à caractéristiques égales, entre deux biens, les acheteurs choisissent celui qui est en meilleur état. Tu vends mieux : chaque défaut visible est un levier de négociation ; en les supprimant, tu retires à l'acheteur ses arguments. Le tout pour un budget raisonnable : 1 à 3 % de la valeur du bien. Ce n'est pas de la déco. C'est de la stratégie de vente.

13.La méthode R.A.N.G.E.R

Six lettres, six étapes, dans l'ordre. Tout est faisable en quelques week-ends.

R

Réparer.

Porte qui grince, poignée cassée, peinture écaillée, joint noirci, ampoule grillée, plinthe décollée. Chaque petit défaut est un prétexte à négociation ; répare-les tous, l'acheteur n'a plus rien à quoi s'accrocher.

A

Aménager.

Réorganise l'espace, dépersonnalise sans rendre froid (les photos de famille, c'est ton histoire ; l'acheteur vient écrire la sienne). Et mets en scène ce que ton bien a de plus fort : la vue, la lumière, l'extérieur.

N

Nettoyer.

Le grand ménage, le vrai. Les odeurs surtout (tabac, animaux, humidité) : toi tu ne les sens plus, l'acheteur les sent dès l'entrée. Et dehors : Karcher sur les allées, gouttières nettoyées. Un extérieur net dit « bien tenu ».

G

Garder l'essentiel.

Désencombre. Enlève les meubles trop imposants qui rétrécissent visuellement les pièces. Et range les placards : les visiteurs ouvrent les portes, tous. Un placard ordonné dit « il y a de la place ».

E

Exposer.

Soigner la lumière, le cadrage, préparer la maison comme un showroom le jour du shooting, puis une annonce claire et une diffusion large. C'est la charnière avec les photos.

R

Relooker.

Les touches finales, petit budget, gros effet : coussins et rideaux neutres, quelques plantes, et si besoin un ou deux murs repeints dans des tons clairs. Pas de grands travaux : du rafraîchissement.

14.Ce qui vaut le coup, ce qui n'en vaut pas la peine

La règle : investis dans ce qui lève un doute, pas dans ce qui flatte ton goût.

Dans le doute, on en parle : je te dis pièce par pièce où mettre le franc qui rapporte.

15.Les corrections qui changent une visite

L'arrivée

La visite commence au portail, pas à la porte.

Allée propre, jardin taillé, pas de tas « à débarrasser un jour ». Les 10 premières secondes se jouent dehors.

Lumière & air

Ouvre tout avant la visite.

Volets, rideaux, baies. Un bien lumineux et traversant, c'est LE critère ici. Si tu as la clim, mets-la en route avant : un acheteur qui transpire pense à la facture, pas à sa future vie chez toi.

La varangue

Une pièce à vivre à part entière.

Souvent celle qui fait vendre. Nettoyée, meublée simplement, quelques plantes. L'acheteur doit s'imaginer y prendre son café.

Cuisine & SDB

Pas de travaux : de l'impeccable.

Plans de travail dégagés, joints refaits si besoin, robinetterie qui brille.

Le tour du propriétaire invisible

Le local technique, le dessous de l'évier, le fare de jardin : un acheteur sérieux regarde partout. Que partout soit net.

16.La photo qui vend : les chiffres qui ne pardonnent pas

Plus de 90 % des acheteurs cherchent sur Internet, et ils passent 60 % de leur temps sur les photos, contre 20 % sur le texte de l'annonce et 20 % sur les caractéristiques. 95 % des visiteurs passent une vingtaine de secondes sur la première photo : c'est elle qui décide si on ouvre ton annonce ou si on passe à la suivante.

Le coup de foudre, ou le rejet, se joue en moins de 20 secondes. Une annonce avec des photos professionnelles est consultée 4 fois plus, et une annonce sans photo dissuade près de 8 personnes sur 10. Ce n'est pas un détail esthétique : c'est la porte d'entrée de ta vente.

17.Les réflexes d'un bon shooting

Bonne nouvelle : tout ça, c'est compris

Je shoote avec du matériel professionnel, et quand le bien le mérite ou l'exige, je fais appel à un photographe pro. La mise en scène le jour J et les photos qui donnent envie de visiter, c'est mon métier. Toi, tu prépares le bien, et on fait le reste ensemble.

Le guide complet · À télécharger

Le guide entier + la check-list « prêt à vendre » + les 5 annexes.

Tu viens de tout lire ici. Le PDF, c'est le même guide, proprement mis en page : à garder sous la main, à relire au calme, à envoyer à quelqu'un de ton entourage qui hésite aussi, ou à imprimer si tu préfères le papier. Et surtout, la vraie valeur d'usage : la check-list en 2 pages à cocher et les 5 annexes prêtes à l'emploi.

Ce que tu récupères
  • Le guide complet (20 pages). Les 4 parties, les 17 sections, les histoires vraies, les encarts, la FAQ, le final. Version imprimable, avec pagination et cover.
  • Check-list « prêt à vendre » (2 pages). Une case par pièce du dossier, une par étape du R.A.N.G.E.R. Coche ce qui te concerne, laisse le reste vide. Ton radar avant la mise en vente.
  • Annexe A.1 · Obtenir ta NRA, pas à pas. Le tuto pas à pas : où se procurer le formulaire, quelles pièces jointes, où déposer le dossier.
  • Annexe A.2 · Tuto OTIA. Ton extrait cadastral et ton plan de situation en ligne, en quelques clics, pour 500 F pièce.
  • Annexe A.3 · Vérifier ton PPR et ton PGA avant tout le monde. Le géoportail Te Fenua : savoir si ta parcelle touche une zone bleue ou rouge, avant d'en parler à l'acheteur.
  • Annexe A.4 · Modèle : demande de pièces au syndic. Courrier prêt à recopier — règlement, PV des 3 dernières AG, dernier état de répartition.
  • Annexe A.5 · Modèle : congé pour vente. Lettre recommandée calibrée loi du Pays n° 2012-26 (articles LP.18 et LP.21), avec offre prioritaire au locataire.

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15 questions mixtes (V/F, QCM, cas pratiques) sur ce que tu viens de lire. Compte pour toi : ≥ 16/20 tu maîtrises, 10 à 15 quelques points à revoir, < 10 mieux vaut relire.

Quiz préparation vendeur — 15 questions, scoring /20

Ton score se met à jour à chaque réponse.

0/20
0/15 répondues
01 · Vrai ou faux

« Une vente commence le jour où l'annonce est publiée. »

Faux. Une vente se gagne ou se perd avant la publication. Le dossier prêt permet de signer le compromis dans la semaine qui suit l'offre : l'acheteur n'a pas le temps de douter.
02 · QCM

Après une offre acceptée, l'objectif à viser, c'est :

B. L'acheteur est volatile. Chaque jour d'attente est un jour où il peut trouver un autre bien, écouter un proche, changer d'avis. Objectif : compromis signé sous une semaine.
03 · QCM SCI · 2 pts

Ton bien est détenu par une SCI dont tu es gérant à 99 %. Pour vendre :

C. On ne vend pas un bien de la société tout seul, même quand on en détient 99 %. Kbis récent, statuts à jour, pièce d'identité du représentant légal, et PV d'AG si la vente sort des pouvoirs du gérant.
04 · QCM copro

Tu vends un appartement en copropriété. Les 3 documents à demander au syndic sont :

B. Trois familles, chacune répond à une question de l'acheteur : ce qu'il aura le droit de faire (règlement), l'ambiance de la copro (PV), ce qu'il paiera au syndic (charges). À demander dès la décision de vendre : les syndics ont leurs délais.
05 · Vrai ou faux

« Pour vendre une maison, la NRA doit dater de moins de 6 mois. »

Vrai. La Note de Renseignements d'Aménagement photographie la situation de ta parcelle au jour où elle est délivrée. Le notaire l'exige à moins de 6 mois. Compte 3-4 semaines de délai pour l'obtenir : à demander dès la décision de vendre.
06 · Vrai ou faux · 2 pts

« La NRA suffit pour connaître toutes les servitudes qui pèsent sur mon terrain. »

Faux. La NRA ne recense que les servitudes administratives. Les servitudes entre particuliers (passage du voisin, réseau, écoulement) se trouvent dans ton titre de propriété. Une tolérance d'usage n'est pas une servitude : elle ne se transmet pas à ton acheteur.
07 · QCM plus-value · 2 pts

Ton frère et toi héritez d'un bien détenu depuis 12 ans. Il vit en métropole depuis 2 ans. Vous vendez. Sa part de plus-value est :

B. Pas de convention fiscale entre PF et métropole sur les plus-values. Chaque indivisaire est imposé selon les règles de sa résidence fiscale à la date de la vente. Sujet à analyser avant le compromis, pas après.
08 · QCM

Un bien en indivision se vend :

A. Un seul absent, opposé ou introuvable, et la vente est bloquée, voire nulle si passée en force. C'est LE chantier à ouvrir en premier, parfois des mois avant la mise en vente.
09 · QCM travaux non déclarés

Ton fare d'invités n'a jamais été déclaré. Tu vends. Le bon réflexe, c'est :

C. La prescription pénale éteint les poursuites mais n'efface pas l'irrégularité (voisins : 10 ans pour agir). Cacher = dol, la vente peut être annulée. Trois chemins : simple oubli (déposer la conformité), régularisable (permis modificatif), non-régularisable (transparence + info préalable au compromis).
10 · QCM bail vide

Ton bien est loué en bail vide (3 ans). Tu veux vendre vide. Le préavis de congé pour vente est :

B. Bail nu de plus d'un an : 6 mois. Bail meublé d'un an : 2 mois. Rate la fenêtre, et ton projet est reporté d'un an, voire trois. Le congé doit mentionner prix et conditions (offre prioritaire au locataire les 2 premiers mois du préavis).
11 · Vrai ou faux · 2 pts

« Un congé pour vente remis en main propre au locataire est valable. »

Faux. La loi du Pays ne prévoit que deux formes valables : lettre recommandée ou acte de Commissaire de Justice. En main propre, le congé est nul. Et attention au pli « avisé non réclamé » : le préavis ne court qu'à réception. Pour un projet à plusieurs dizaines de millions, l'huissier (23-25 000 F) sécurise le calendrier.
12 · QCM mise en valeur

La mise en valeur d'un bien avant vente, c'est :

A. Ce n'est pas de la déco et surtout pas de la dissimulation (interdite). Budget 1-3 % de la valeur du bien, 77 % des acheteurs se projettent mieux, l'acheteur décide en 7-10 secondes.
13 · QCM R.A.N.G.E.R

Le « G » de la méthode R.A.N.G.E.R, ça veut dire :

C. R Réparer · A Aménager · N Nettoyer · G Garder l'essentiel · E Exposer · R Relooker. Un placard qui explose dit « il manque de rangements » ; ordonné, il dit « il y a de la place ».
14 · QCM photos

Sur une annonce immobilière, l'acheteur passe environ :

B. Et 95 % passent 20 secondes sur la première photo. Une annonce avec photos pro est vue 4 fois plus, sans photo elle dissuade 8 personnes sur 10. Ce n'est pas un détail esthétique : c'est la porte d'entrée.
15 · Cas pratique

Tu décides de vendre une maison à Papeete. Par où commencer :

A. Le calendrier se construit à partir du dossier, pas des photos. Une NRA prend 3-4 semaines, le syndic ses délais, un congé locataire 2-6 mois. Publier avec un dossier incomplet transforme ton meilleur scénario (offre rapide) en pire scénario (compromis qui traîne, acheteur qui s'en va).

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FAQ expressLes questions qu'on me pose vraiment

Combien de temps prévoir entre « je décide de vendre » et « mon annonce est en ligne » ?
Pour un bien simple avec un dossier propre, quelques semaines suffisent. Ajoute la commande de la NRA pour une maison ou un terrain, les délais du syndic pour une copro, et des mois entiers si tu as une indivision, une succession ou un congé à donner. C'est toute la logique de ce guide : le calendrier se construit à partir du dossier, pas des photos.
Je peux mettre en vente pendant que je rassemble les pièces ?
Techniquement oui, et c'est l'erreur classique. Si un acheteur se présente tout de suite (ça arrive plus souvent qu'on croit), ton dossier incomplet transforme ton meilleur scénario en pire scénario : une offre qui attend, un acheteur qui s'impatiente, une vente qui capote. Prépare d'abord, publie ensuite.
Ma maison n'a jamais eu de conformité. Je peux vendre quand même ?
Souvent oui, mais pas n'importe comment. Selon ta situation (simple oubli, travaux modifiés, rien de régularisable), le chemin change du tout au tout : relis le point 10, et surtout ne cache rien. La transparence se négocie ; le dol peut faire annuler la vente.
Mon locataire doit-il laisser visiter ?
Oui. La loi encadre juste le rythme : pas plus de deux heures par jour ouvrable, et jamais les jours fériés. En pratique, un locataire respecté (prévenu à l'avance, à des créneaux réguliers convenus ensemble) facilite la vente ; un locataire braqué la complique. Soigne cette relation, elle vaut de l'or.
La NRA, l'étude de sol, le bureau d'études : qui paie ?
Toi, vendeur. Et c'est un investissement, pas une dépense : chaque réponse que tu apportes d'avance est un doute que ton acheteur ne facturera pas en négociation.
Et si je ne veux m'occuper de rien ?
C'est prévu. Mandat plus procuration : je récupère les pièces, je relance le syndic et les administrations, j'organise la mise en valeur et le shooting. Tu restes décisionnaire, je porte le dossier.

Ton bien est prêt. Reste à savoir où le positionner.

Tu as le dossier, le bien préparé, les photos. Il manque la donnée qui transforme tout ça en vente réussie : le bon prix, au bon moment, face aux bonnes références. Et ça, aucun guide ne peut le faire, parce que c'est du sur-mesure : ton bien, ton quartier, ton marché du moment.

C'est exactement l'objet de l'analyse de ton marché : je te la fais gratuitement, chiffres et références à l'appui. Appelle-moi au 87 34 11 82, écris-moi à sarah@kwpolynesie.com, ou demande-la directement.

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Sarah Zimbris, conseillère en immobilier en Polynésie

Sarah Zimbris

Formatrice, coach & conseillère en immobilier à Tahiti

15 ans d'immobilier, 400+ projets de vie accompagnés, 100+ agents formés. Mon métier : rendre lisible un marché qui ne l'est pas. Mon parcours complet →

N° TAHITI F 37560 · 87 34 11 82 · sarah@kwpolynesie.com