Guide vendeur · La décision · Polynésie française

Vendre… ou pas ? Décider sans te tromper.

Publié le · Par Sarah Zimbris, agent immobilier (N° TAHITI F 37560)

Tu y penses. Peut-être depuis des semaines, peut-être depuis des années. Ce guide ne va pas te dire quoi faire : il va t'aider à poser ta situation à plat, à écarter les mauvaises raisons, et à savoir exactement quoi mettre sur la table avant de décider (vendre, louer, attendre, ou régler autre chose d'abord).

Couverture du guide Vendre ou pas ? Décider sans te tromper, par Sarah Zimbris

Une vente réussie commence bien avant la mise en vente : elle commence par une décision solide. Ce guide est là pour ça. Chaque règle et chaque chiffre ont été recoupés avec les textes en vigueur en Polynésie française (fiscalité des plus-values, congé pour vente, droits du primo-accédant). Quand un point doit être affiné pour ton cas précis, je te le dis honnêtement.

Partie 1La décision d'abord

01.La vraie question derrière « je vends ? »

« Est-ce que je vends ? » n'est presque jamais la vraie question. La vraie question, c'est : qu'est-ce que tu cherches, exactement ?

Argent

Pour un projet, pour rembourser, pour respirer.

Tu peux aussi en trouver en louant, en refinançant, ou en vendant seulement une partie de ton terrain.

Place

La maison est devenue trop petite, ou trop grande.

Tu peux en gagner en agrandissant, en réaménageant, ou en changeant l'usage d'une pièce.

Paix

En finir avec un dossier qui pèse.

Indivision, gestion locative épuisante, crédit lourd : parfois un partage ou un rachat de parts suffit.

Nouveau départ

Déménagement, séparation, nouvelle vie.

Là, la vente est souvent la bonne réponse. Mais son calendrier, lui, se pilote.

Pourquoi c'est important de le nommer ? Parce que la vente n'est qu'un moyen parmi d'autres d'obtenir ce que tu cherches. Si tu vends sans savoir ce que tu cherches, tu risques de résoudre le mauvais problème. Et de le découvrir une fois l'argent dépensé et les clés rendues.

Vendre un bout, pas tout

Tu as un grand terrain avec ta maison dessus ? Tu n'es pas obligé de tout vendre. Détacher une partie de ton terrain pour la vendre séparément, ça s'appelle un morcellement. C'est parfois la solution qui te donne l'argent dont tu as besoin sans toucher à ton toit. C'est une vraie opération (géomètre, autorisation, délais), pas un simple trait sur un plan. Mais ça se fait, et ça change complètement l'équation.

02.Les 4 D : quand la vie décide pour toi

Il y a quatre situations qui poussent les gens à vendre, et elles commencent toutes par un D. Leur point commun : elles créent de l'urgence. Et l'urgence, en immobilier, coûte cher. Vendre vite est rarement vendre bien.

Décès

Avant tout, la succession.

La succession doit être réglée (ou au minimum tous les héritiers d'accord). Un seul héritier ne peut pas vendre seul.

Divorce

Un cadre clair pour éviter de rouvrir le conflit.

Le bien du couple ne se vend qu'avec l'accord des deux, et le partage du prix se prépare avec le notaire.

Déménagement

La situation la plus gérable, à condition d'anticiper.

Le piège n'est pas seulement de s'y prendre trop tard : s'y prendre trop tôt fait perdre autant.

Dettes

Chiffre d'abord ce qui te restera vraiment.

Vendre pour rembourser peut être la bonne décision. Parfois renégocier ou louer répond au problème sans sacrifier le patrimoine.

Histoire vraie

Trop tôt coûte aussi cher que trop tard.

Des clients quittaient la Polynésie pour s'installer en France. Leur deadline : acter avant le 31 décembre de l'année suivante. Prudents, ils mettent la maison en vente 18 mois en amont. Et là, première erreur : à un prix trop élevé, malgré mes conseils. Leur raisonnement se tenait, en apparence : « on a le temps de baisser si elle ne se vend pas ».

Sauf que le marché ne fonctionne pas comme ça. Une maison affichée trop cher, trop longtemps, se grille. Les acheteurs la voient passer, la revoient, se disent qu'elle a un problème, et arrêtent de la regarder. Résultat : l'été suivant, la deadline approche, plus le choix. Ils vendent en août, précipités, 5 millions en dessous de mon estimation initiale, celle qui aurait permis une vente dans des conditions normales en s'y prenant au printemps, quelques mois avant, et non un an et demi trop tôt.

La leçon tient en une phrase : s'y prendre trop tard ou trop tôt fait perdre de l'argent. Le bon calendrier existe, il se calcule, et il commence toujours par un prix juste.

03.Les mauvaises raisons de vendre

Trois raisons reviennent tout le temps. Elles se ressemblent : elles viennent de l'extérieur, pas de ta situation.

« Le voisin a bien vendu. » Peut-être. Mais tu ne connais ni son prix réel (le prix affiché n'est pas le prix signé), ni son bien (l'état, la vue, l'exposition changent tout, même à 50 mètres), ni sa situation (il avait peut-être dix ans de détention derrière lui et zéro fiscalité, pas toi). Le succès du voisin ne dit rien de ton marché à toi.

« Le marché va baisser, il faut vendre maintenant. » Ici, les prix affichés ne baissent pas. Même quand les taux montent, c'est le nombre de ventes qui diminue, pas les prix. Plus de 60 ans de données le montrent. Vendre par peur d'une baisse qui n'arrive pas, c'est prendre une décision patrimoniale majeure sur un scénario importé d'ailleurs.

« Mon beau-frère / ma tante / mon collègue dit que… » Les proches veulent ton bien, dans les deux sens du terme. Mais ils raisonnent avec leur histoire, leur rapport à l'argent, leurs peurs. Leur avis est un point de vue, pas une analyse. La bonne personne pour trancher, c'est toi, avec des chiffres.

Le test des mauvaises raisons

Si tu enlèves la phrase des autres, est-ce qu'il te reste une raison à toi ? Si oui, continue ce guide. Si non, tu as ta réponse. Et tu viens d'économiser une vente que tu aurais regrettée.

04.On t'a fait une proposition ? Respire avant de répondre

Un mot dans la boîte aux lettres, un voisin qui insiste, un promoteur qui appelle : la proposition spontanée est flatteuse, et c'est exactement là qu'il faut ralentir. Le chiffre annoncé te paraît énorme ? Normal : tu n'as aucun point de comparaison. C'est peut-être un bon prix. C'est peut-être 30 % en dessous de ce que ton bien vaut vraiment.

Trois réflexes avant de dire quoi que ce soit :

Réflexe 1

Pas de prix sans estimation.

Celui qui propose a fait ses calculs. Fais les tiens, avec quelqu'un qui n'a rien à gagner dans cette transaction précise.

Réflexe 2

Pourquoi lui veut ce bien-là ?

Terrain divisible, potentiel de construction, emplacement stratégique… Ce potentiel a une valeur, et elle t'appartient encore.

Réflexe 3

Rien de signé « pour discuter ».

Pas de lettre d'intention, pas de « papier sans engagement ». Tant que tu n'as pas décidé, tu n'as rien à signer.

Une proposition spontanée n'est ni une chance à saisir d'urgence, ni une arnaque par principe. C'est une information : quelqu'un veut ton bien. La bonne réponse tient en une phrase : « je vais étudier, je reviens vers toi. » Et tu prends le temps de faire les comptes.

Envie de garder tout ça sous la main ?

Le guide complet, en version imprimable.

Les 4 parties, les histoires vraies, la FAQ, plus trois annexes à remplir pour poser tes propres dates et chiffres. À relire au calme, à partager, ou à imprimer.

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Partie 2Les alternatives à la vente

05.Louer plutôt que vendre ? Le calcul honnête

Garder et louer, c'est l'alternative numéro un à la vente. Et c'est parfois la bonne. Mais elle se calcule froidement, des deux côtés.

Ce que la location te rapporte

Ce que la location te coûte vraiment (et qu'on oublie de compter)

Le calcul honnête tient en une question : ce que le bien te rapporte net par an (loyers moins toutes les charges ci-dessus), comparé à ce que le capital libéré par la vente te rapporterait, ou t'éviterait de payer (un crédit remboursé, c'est un rendement garanti).

06.Ton bien est déjà loué ? La question du timing se travaille

Beaucoup de propriétaires bailleurs pensent qu'un bien loué se vend forcément moins cher, avec une décote, parce que l'acheteur ne peut pas y habiter tout de suite. C'est souvent vrai. Mais pas toujours, et surtout : ça se pilote.

Cas 1

Loyer élevé, rendement solide.

Si le rendement est intéressant pour un investisseur, ton locataire n'est plus un frein, c'est un argument. Vendre occupé peut se faire sans décote — mais ce cas est rare en PF.

Cas 2

Tu vises l'acheteur qui veut y habiter.

La grande majorité. Il faut vendre vide, ou libre à la remise des clés. Le congé pour vente se cale sur la date anniversaire du bail.

Cas 3

Bail renouvelé récemment, loyer bas.

Configuration défavorable. Souvent attendre est la meilleure décision : quelques mois de patience contre plusieurs millions de différence.

Et n'oublie pas : dès que tu donnes congé pour vente, ton locataire devient prioritaire pour acheter le bien, bail nu ou meublé. Retiens simplement que si ton bien est loué, la date de mise en vente ne se choisit pas au hasard. Elle se cale sur ton bail, et sur ton acheteur probable.

💡 L'astuce que peu de gens connaissent : mettre ton crédit en pause

Tu redoutes la période où le bien sera vide, sans loyers qui rentrent mais avec un crédit qui continue de tomber ? La plupart des prêts immobiliers permettent de suspendre les mensualités pendant quelques mois (on appelle ça le report ou la suspension d'échéances).

Concrètement, pendant la pause, tu ne rembourses plus le capital : tu ne paies que les intérêts et l'assurance. Ta mensualité fond, le temps de vendre. Les mois reportés sont rattrapés à la fin du prêt (ce n'est pas un cadeau, c'est un décalage), mais ça change tout sur le moment.

Contacte ta banque et pose deux questions : mon contrat permet-il la pause, et pour combien de mois ? Un simple rendez-vous te donne souvent une marge de manœuvre que tu ne soupçonnais pas.

07.Vendre pour racheter : le piège du timing

C'est le scénario le plus fréquent, et le plus stressant : tu vends pour racheter. Deux questions se percutent : vendre d'abord ou acheter d'abord ?

Option A

Vendre d'abord.

Budget exact, achat en position de force, zéro risque de payer deux crédits. Le revers : entre les deux, il faut se loger.

Option B

Acheter d'abord.

Coup de cœur préservé, un seul déménagement. Le revers : tu t'engages sans avoir encaissé. Si la vente traîne, tu portes deux biens à la fois.

C'est là qu'intervient le prêt relais, le crédit provisoire qui te permet d'acheter avant d'avoir vendu. La banque t'avance une partie de la valeur de ton bien actuel (généralement 60 à 70 %), et tu rembourses ce prêt d'un coup le jour où ta vente se signe.

Comment ça marche : pendant la période relais, tu paies les intérêts de cette avance (parfois même différés), en plus de ton éventuel crédit en cours. Le prêt a une durée limitée, un an, souvent renouvelable une fois.

Quand c'est une bonne béquille : ton bien actuel est facile à vendre, à un prix réaliste, dans un marché actif. La vente a toutes les chances de se faire dans les délais du relais.

Quand ça devient un piège : ton bien est atypique, surévalué, ou le marché est lent. Si la vente n'arrive pas avant l'échéance du relais, tu te retrouves à devoir vendre vite, donc mal. Le prêt relais ne rend pas ton bien plus vendable : il déplace la pression dans le temps.

Ma position

Le relais se décide sur un prix de vente réaliste, validé par une vraie analyse de marché. Pas sur le prix dont tu as besoin pour boucler ton plan. C'est l'ordre des opérations qui protège : d'abord savoir ce que ton bien vaut vraiment et en combien de temps il part, ensuite décider du montage. Et méfie-toi de l'estimation qui te fait plaisir : un relais calé sur un prix rêvé, c'est un compte à rebours calé sur un mensonge.

Partie 3L'argent, vraiment

08.Plus-value et fiscalité : ce que la vente déclenche

Vendre plus cher que tu n'as acheté, ça crée un gain : la plus-value. Et ici, ce gain peut être imposé. La bonne nouvelle : les règles sont claires, et le calendrier joue pour toi.

La règle de base : la durée de détention décide de tout

Ce que ça veut dire pour ta décision : si tu es à 9 ans de détention, attendre un an peut effacer complètement l'impôt. À l'inverse, si tu es exonéré depuis longtemps, la fiscalité ne doit plus retenir ta décision. C'est un des premiers points que je vérifie avec toi : où en est ton compteur ?

Les points qui changent le calcul (et qu'on oublie)

Ton bien est dans une SCI ? Lis ça avant tout

Quand le bien appartient à une société (une SCI, la société créée pour détenir un bien à plusieurs), tu as deux façons de vendre, et elles ne coûtent pas du tout pareil.

Option 1 : la société vend le bien. Si le bien n'a jamais été loué, on reste dans le régime de la plus-value (impôt si la détention est inférieure à 10 ans). Mais si le bien a été loué, la donne change complètement : la société a une activité, et le prix de vente devient du chiffre d'affaires, imposé à l'impôt sur les transactions. Et ce n'est pas fini : pour que les associés récupèrent l'argent de la vente, la sortie des fonds déclenche encore des prélèvements.

Option 2 : les associés vendent les parts de la société. Ici, c'est le régime de la plus-value immobilière qui s'applique. Attention au détail qui tue : si la société détient plusieurs biens, vendre les parts, c'est vendre tout le portefeuille d'un coup. Et le compteur des 10 ans repart de la date d'entrée du dernier bien acquis.

La conclusion : avec une SCI, l'écart entre le bon et le mauvais scénario peut se chiffrer en millions. Ça ne se devine pas, ça se calcule. C'est typiquement une question à poser avant de signer quoi que ce soit.

09.Combien il te restera vraiment ? Le calcul du net vendeur

Le prix de vente, c'est le chiffre qu'on affiche. Le net vendeur, c'est le chiffre qui arrive sur ton compte. Et entre les deux, il y a des déductions que beaucoup découvrent trop tard, parfois chez le notaire, le jour de la signature.

Ce qui se déduit du prix, selon ta situation :

Un exemple pour fixer les idées

Le prix moins le crédit, ce n'est pas ton chèque.

Tu vends 45 millions. Il te reste 18 millions de crédit à rembourser. Tu fais le calcul de tête, celui que tout le monde fait : 45 − 18, il me reste 27 millions. Et tu calibres ton projet d'après là-dessus.

Sauf que ce calcul oublie tout ce qui se glisse entre les deux. Ta banque prend 200 000 F d'indemnités de remboursement anticipé. La mainlevée de l'hypothèque ajoute ses frais, autour de 150 000 F. Et à 8 ans de détention, l'impôt sur ton gain tourne autour de 700 000 F. Ton net vendeur réel : environ 25,9 millions.

Un peu plus d'un million d'écart avec ce que tu avais en tête. Sur ce dossier-là, c'est absorbable. Mais l'écart peut être bien plus lourd : vends le même bien à 4 ans de détention au lieu de 8, et l'impôt sur le gain peut se compter en millions, pas en centaines de milliers. C'est un des premiers calculs que je pose avec toi, sur tes vrais chiffres, pas sur des moyennes.

💡 Bon à savoir : tu n'es pas toujours obligé de rembourser ton crédit en vendant

Beaucoup de vendeurs pensent que vendre = solder le crédit, automatiquement. En réalité, ça dépend de la garantie de ton prêt.

Si ton crédit est garanti par une hypothèque sur le bien que tu vends, là oui : le remboursement est obligatoire. Le notaire prélève directement sur le prix.

Si ton crédit est garanti autrement, et que le bien vendu n'est pas hypothéqué, tu peux dans certains cas choisir de conserver ton crédit, qui continue comme si de rien n'était. Pourquoi ? Parce que si ton prêt est à un taux bas, inférieur aux taux d'aujourd'hui, le garder c'est garder de l'argent pas cher. Tu encaisses le prix de la vente en trésorerie, et tu t'en sers pour ce qui compte (études des enfants, business, projet…).

Le réflexe : avant de vendre, regarde ton offre de prêt (ou demande à ta banque) : quelle garantie, quel taux, quelles indemnités. La réponse peut changer ta stratégie.

⚠ Tu as acheté en primo il y a moins de 5 ans ? Lis ça avant de décider

Quand tu as acheté ton premier logement, tu as peut-être bénéficié de deux gros coups de pouce : les droits d'enregistrement à 1 % au lieu de 7 % (souvent plusieurs millions d'économie), et parfois l'AIM, la subvention du Pays (jusqu'à 4 millions). Ces avantages avaient une contrepartie : habiter le bien en résidence principale pendant 5 ans.

Si tu vends avant les 5 ans, tu rembourses sur deux fronts : le complément de droits d'enregistrement (sur un bien acheté 40 millions, environ 2,4 millions à reverser), et l'AIM si tu l'avais touchée. Et dans les deux cas, des pénalités de retard s'ajoutent, et elles grossissent chaque mois.

Concrètement : un primo qui a acheté à 40 millions il y a 3 ans et demi et qui vend maintenant peut voir son net vendeur amputé de plus de 2,5 millions. Le même bien vendu 18 mois plus tard, une fois les 5 ans passés : zéro remboursement. Si rien ne t'oblige à vendre tout de suite, ce cap des 5 ans est peut-être la meilleure raison d'attendre.

Passe de la théorie à ton cas

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La Fiche « Mon net vendeur » et le barème plus-value année par année sont inclus en bonus dans le guide à télécharger. Pour éviter la mauvaise surprise chez le notaire.

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Partie 4Le bon moment

10.Combien de temps ça prend, une vente ?

L'indécis imagine deux scénarios : la vente éclair (« ça part en une semaine ici ») ou le tunnel sans fin. La réalité est entre les deux. Et surtout, elle dépend de deux choses que tu contrôles : ton prix et ton anticipation.

Étape 1 : préparer

Dossier, bien, stratégie de prix : 2 à 6 semaines. C'est l'étape qu'on saute, et qu'on paie plus tard.

Étape 2 : trouver l'acheteur

Ici, c'est ton positionnement qui fait le calendrier :

Étape 3 : du compromis aux clés

L'acheteur signe le compromis, puis vient le délai jusqu'à l'acte définitif chez le notaire. En Polynésie : 2,5 à 3 mois si l'acheteur paie comptant, plutôt 4 mois s'il y a un crédit, même partiel. Et si le compromis contient d'autres conditions suspensives, leurs délais courent en même temps.

Étape 4 : si le bien est loué

Ajoute la fenêtre de congé, calée sur la date anniversaire du bail (point 06). Ça peut décaler le point de départ de plusieurs mois.

Au total

De 4 à 9 mois entre la décision et la remise des clefs, selon ton bien, ton prix et ton acheteur. Ce n'est ni une éternité, ni un claquement de doigts. La plupart des ventes bradées ne sont pas des biens sans valeur : ce sont des calendriers mal calés.

11.Attendre, c'est décider aussi

Ce guide peut se terminer sur une conclusion que personne ne t'avait présentée comme une option sérieuse : ne pas vendre maintenant. Et c'est une vraie décision, à une condition.

Attendre stratégiquement, c'est attendre avec une date et une raison :

Dans chacun de ces cas, attendre te rapporte quelque chose de mesurable. Le temps travaille pour toi, et tu sais quand il aura fini.

Procrastiner, c'est attendre sans date et sans raison : « on verra », « pas maintenant », « quand le moment sera bon ». Le moment bon n'existe pas, il se construit.

Le test, en une question

Si tu décides d'attendre, es-tu capable d'écrire la phrase : « J'attends [quoi] jusqu'à [quand], et à cette date je [fais quoi]. » Si oui, tu as décidé. Range ce guide et mets un rappel dans ton téléphone. Si non, tu n'as pas décidé d'attendre : tu as évité de décider. Et ça, ça se travaille, souvent en posant simplement les chiffres qui manquent.

Le guide complet · À télécharger

Le guide entier, mis en page pour être relu, partagé, imprimé.

Tu viens de tout lire ici. Le PDF, c'est le même guide, proprement mis en page : pour le garder sous la main, le relire au calme, l'envoyer à quelqu'un de ton entourage qui hésite aussi à vendre, ou l'imprimer si tu préfères le papier au scroll. Et en bonus, trois annexes à remplir pour appliquer le guide à ton cas.

Ce que tu récupères
  • Le guide complet (32 pages). Les 4 parties, les 11 sections, les histoires vraies, les encarts, la FAQ, le final. Version imprimable, avec pagination, cover et signets — pas une version web copiée-collée.
  • Bonus 1 · Fiche « Mes dates clés ». Compteur plus-value, 5 ans primo, date anniversaire du bail, deadline perso. Tu remplis, tu vois ta fenêtre idéale de mise en vente.
  • Bonus 2 · Fiche « Mon net vendeur ». Ligne par ligne (prix, crédit, IRA, mainlevée, impôt, remboursement primo, honoraires) : ton vrai chèque, posé noir sur blanc.
  • Bonus 3 · Barème plus-value année par année. Le tableau détaillé (5 à 10 ans+) avec « ce qui se déduit » vs « pas déductible ». À croiser avec ta Fiche 1.

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QuizTeste ce que tu as retenu.

15 questions mixtes (V/F, QCM, cas pratiques) sur ce que tu viens de lire. Compte pour toi : ≥ 16/20 tu maîtrises, 10 à 15 quelques points à revoir, < 10 mieux vaut relire.

Quiz vendeur — 15 questions, scoring /20

Ton score se met à jour à chaque réponse.

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0/15 répondues
01 · Vrai ou faux

« Si le voisin a bien vendu, c'est un bon signal pour moi aussi. »

Faux. Tu ne connais ni son prix réel (affiché ≠ signé), ni son bien exact, ni sa situation fiscale. Le succès du voisin ne dit rien de ton marché à toi.
02 · QCM

Une maison affichée trop cher pendant plusieurs mois…

C. Un bien trop cher trop longtemps perd de la valeur perçue. Six mois plus tard, on vend souvent en dessous du prix qu'on aurait pu obtenir en s'y prenant juste.
03 · Vrai ou faux

« La bonne réponse à une proposition spontanée, c'est de signer un papier "sans engagement" pour bloquer le prix. »

Faux. Tant que tu n'as pas décidé de vendre, tu n'as rien à signer, même « pour discuter ». La bonne réponse : « je vais étudier, je reviens vers toi. »
04 · QCM · 2 pts

Tu détiens ton bien depuis 9 ans. À quel moment l'impôt sur la plus-value disparaît-il complètement ?

B. Exonération totale à 10 ans révolus. À 9 ans, attendre un an peut effacer complètement l'impôt : c'est un des premiers points que je vérifie avec toi.
05 · Cas pratique · 2 pts

Tu vends 45 M, il te reste 18 M de crédit. Ton net vendeur réel sera :

B. IRA (~200 000 F), mainlevée d'hypothèque (~150 000 F), impôt plus-value à 8 ans (~700 000 F). Ton net réel tourne autour de 25,9 M. Le prix moins le crédit, ce n'est pas ton chèque.
06 · Vrai ou faux

« Dans certains cas, je peux garder mon crédit même après avoir vendu le bien. »

Vrai. Si ton crédit est garanti autrement qu'une hypothèque sur le bien vendu, tu peux parfois le conserver — et garder de l'argent pas cher si ton taux est bas.
07 · QCM primo · 2 pts

Primo-accédant à 3 ans et demi. Tu vends. Que se passe-t-il ?

A. Avant 5 ans de résidence principale, tu rembourses les deux, avec pénalités. Sur un bien à 40 M, ça peut faire plus de 2,5 M à reverser. Attendre 18 mois de plus, c'est parfois plusieurs millions gagnés.
08 · Vrai ou faux

« Un bien loué se vend forcément moins cher : il faut attendre qu'il soit vide. »

Faux. Ça dépend du loyer et de l'acheteur visé. Un bien avec bon loyer et bon rendement peut se vendre occupé sans décote à un investisseur. Un bien pour occupant se vend mieux vide : le calendrier du congé se cale sur le bail.
09 · QCM SCI · 2 pts

Ton bien est dans une SCI. Ce qui change tout dans le calcul fiscal, c'est :

C. Si le bien a été loué et que la SCI vend le bien, le prix devient du chiffre d'affaires imposé (+ prélèvements en sortie). Vendre les parts change complètement la donne. L'écart entre les scénarios se chiffre en millions.
10 · QCM

En Polynésie, entre la décision et la remise des clés, compter :

B. Préparer (2-6 semaines) + trouver l'acheteur (moins d'1 mois à 3+ mois selon positionnement) + compromis aux clés (2,5 à 4 mois selon crédit ou comptant). La plupart des ventes bradées ne sont pas des biens sans valeur : ce sont des calendriers mal calés.
11 · Vrai ou faux

« Si je donne congé pour vente à mon locataire, il devient prioritaire pour acheter. »

Vrai. Bail nu ou meublé, en congé pour vente, le locataire est toujours prioritaire au prix que tu proposes. En revanche, si tu vends occupé, il n'est pas prioritaire.
12 · QCM

Ton bien t'appartient en propre (acheté avant mariage). C'est le logement de la famille. Tu veux vendre. Ton conjoint doit :

A. Le logement de la famille est protégé : sans la signature du conjoint, le notaire refuse la vente. Le bien reste ta propriété, le conjoint ne touche rien, mais son accord est indispensable.
13 · Vrai ou faux

« Le prêt relais rend mon bien plus facile à vendre. »

Faux. Le relais ne change rien à la vendabilité de ton bien : il déplace juste la pression dans le temps. Sur un bien surévalué ou atypique dans un marché lent, il devient un piège.
14 · QCM

Pour réduire ton impôt sur la plus-value, ce qui se déduit vraiment de ton gain, c'est :

B. Aucun forfait automatique. Pas de facture, pas de déduction. Peinture et petites réparations d'entretien ne comptent pas : seuls les travaux qui apportent de la valeur, réalisés par des pros. Garde tout, même si tu ne vends pas encore.
15 · Cas pratique

Tu décides d'attendre. Test rapide : c'est une vraie décision si tu peux écrire…

A. Attendre stratégiquement = date + raison + action. Sans les trois, ce n'est pas une décision, c'est de la procrastination. Et pendant qu'on « verra », le bien vide continue de coûter, l'indivision se complique, et la proposition ne reviendra peut-être pas.

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FAQ expressLes questions qu'on me pose vraiment

Je peux vendre alors que mon crédit n'est pas fini ?
Oui, c'est même le cas le plus courant. Si le bien est hypothéqué, le notaire rembourse la banque directement avec le prix de vente. Sinon, tu peux parfois même garder ton crédit (point 09).
Mon ex / mes frères et sœurs doivent signer ?
Oui. Tous les propriétaires du bien doivent être d'accord et signer. Un seul ne peut pas vendre pour les autres, même « pour débloquer la situation ». Et même sur un bien qui t'appartient en propre, le conjoint a son mot à dire si c'est le logement de la famille (voir plus bas).
La maison est à moi seul(e), mon conjoint doit quand même signer ?
Si c'est le logement de la famille, oui. Même quand le bien t'appartient en propre (acheté avant le mariage, ou reçu par héritage), tu ne peux pas vendre le toit de la famille sans l'accord de ton conjoint : sa signature est obligatoire. Il ne touche rien sur le prix, le bien reste à toi, mais sans sa signature, pas de vente.
Je dois dépenser de l'argent avant de vendre ?
Pas forcément beaucoup, mais un peu, parfois : régulariser un document, un géomètre si tu détaches un terrain, une petite réparation qui rassure. Le gros du travail de préparation coûte surtout du temps.
Je peux changer d'avis en cours de route ?
Tant que tu n'as rien signé avec un acheteur, oui, à tout moment. Après le compromis, c'est différent : toi, tu es engagé. C'est l'acheteur qui bénéficie de portes de sortie (son financement, notamment). Raison de plus pour décider avant de mettre en vente.
Qui paie les honoraires d'agence ?
C'est le mandat qui le précise. Et dans tous les cas, ils sont intégrés dans le prix affiché, ils ne s'ajoutent pas par surprise à la fin.
Je suis exonéré d'impôt sur la plus-value. Je dois quand même déclarer ?
Oui. La déclaration est obligatoire même quand l'impôt est à zéro. C'est une formalité, le notaire t'accompagne, mais elle ne se saute pas.
Si je vends mon bien loué, mon locataire est-il prioritaire pour l'acheter ?
Ça dépend de comment tu vends. Si tu donnes congé pour vente, oui : ici, le locataire est toujours prioritaire, que le bail soit nu ou meublé. Si tu vends le bien occupé, il n'est pas prioritaire : il peut se porter acquéreur comme n'importe quel acheteur.
J'ai acheté en primo avec les frais réduits, je peux revendre quand je veux ?
Oui, mais avant 5 ans de résidence principale, tu rembourses les avantages reçus (droits d'enregistrement, AIM si tu l'as touchée) avec des pénalités. Après 5 ans, plus rien à rembourser, mais l'impôt sur la plus-value s'applique toujours si tu réalises un gain.

Tu en sais maintenant plus que la plupart des vendeurs.

Tu as fait le tour : ta vraie question, les mauvaises raisons, l'option de louer, le timing du bail, la fiscalité, ton net vendeur, le calendrier, et même l'option d'attendre. Tu en sais maintenant plus que la plupart des vendeurs au moment où ils mettent en vente.

Et pourtant, tu es peut-être toujours indécis. C'est normal. Ce qui te manque, ce ne sont plus des principes, ce sont tes chiffres : ton compteur fiscal, ton crédit, ton bail, ton quartier, ton acheteur probable. Et ça, aucun guide ne peut le faire à ta place.

Alors voilà ce que je te propose : contacte-moi, et on pose les choses ensemble. C'est offert, et ça n'engage à rien d'autre qu'à y voir clair. Et le plus important : si ce n'est pas le moment de vendre, je te le dirai aussi. Rien de pire pour moi que de te donner un conseil dans mon intérêt plutôt que dans le tien.

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Sarah Zimbris, conseillère en immobilier en Polynésie

Sarah Zimbris

Formatrice, coach & conseillère en immobilier à Tahiti

15 ans d'immobilier, 400+ projets de vie accompagnés, 100+ agents formés. Mon métier : rendre lisible un marché qui ne l'est pas. Mon parcours complet →

N° TAHITI F 37560 · 87 34 11 82 · sarah@kwpolynesie.com