Guide vendeur · La vente · Polynésie française

De l'annonce à la remise des clés.

Publier, filtrer, faire visiter, lire les offres, négocier, signer, piloter jusqu'à l'acte : tout le chemin de la vente, sans mauvaise surprise, jusqu'aux clés posées sur la table du notaire. C'est le dernier guide de la série vendeur — la partie du parcours où il se passe le plus de choses, où les émotions s'en mêlent, et où une erreur coûte le plus cher parce qu'on est proche du but.

Couverture du guide De l'annonce à la remise des clés, par Sarah Zimbris

Vendre, ce n'est pas publier une annonce et attendre. C'est un enchaînement de décisions : à qui ouvrir sa porte, quelle offre croire, quand dire oui, quand dire stop. Ce guide déroule tout le parcours dans l'ordre où tu vas le vivre, avec ce que la loi prévoit ici en Polynésie, et ce que le terrain m'a appris.

Partie 1L'annonce et les visites

01.Publier en Polynésie : le vrai paysage

Commençons par un état des lieux honnête : les supports pour communiquer sur un bien en Polynésie sont limités. Immobilier.pf est ouvert aux particuliers, petites-annonces.pf aussi, Paru Vendu et quelques autres sites du même genre complètent le tableau. Et bien sûr Facebook et Marketplace, incontournables ici.

Alors quelle différence entre l'annonce d'un professionnel et celle d'un particulier, si tout le monde publie aux mêmes endroits ? Il y a la qualité des photos et la qualité de l'annonce, on va y venir. Mais la vraie plus-value est invisible : elle vient d'après la publication, et surtout d'avant. Une agence a une base de données d'acheteurs qualifiés en portefeuille. Des gens dont on connaît déjà le projet, le budget, le financement. Quand ton bien arrive sur le marché, il est proposé le jour même aux bonnes personnes. C'est ça qui fait qu'une vente peut aller beaucoup plus vite : l'annonce publique n'est qu'un des canaux, et pas toujours le plus efficace.

02.Rédiger une annonce qui parle à quelqu'un (pas à tout le monde)

Oublie l'IA pour rédiger ton annonce. Utilise ta tête, une feuille de papier, et fais deux colonnes. À gauche, tous les points positifs de ton bien, en étant le plus objectif possible. À droite, les points négatifs, avec la même honnêteté. Cet exercice te force à voir ton bien tel qu'il est vu, pas tel que tu l'aimes.

Ensuite, définis à qui tu parles. Une jeune famille qui cherche du calme et une école proche ? Un couple d'investisseurs qui veut du rendement ? Un jeune primo qui a besoin d'un plafond de prix précis ? Une annonce qui parle à tout le monde ne parle à personne. Choisis un persona, écris pour lui, et ton téléphone sonnera moins souvent — mais mieux.

L'honnêteté paye

Décrire un défaut connu (« à rafraîchir », « proximité axe passant », « travaux d'électricité à envisager »), c'est filtrer en amont les visites qui ne mènent nulle part. Ceux qui viennent quand même sont ceux que ça ne dérange pas. Résultat : moins de visites, plus de vraies opportunités.

03.Filtrer les contacts avant la visite

Ouvrir sa porte à n'importe qui, c'est aussi montrer ce qu'il y a à prendre et comment on y entre. Cambriolages et vols après visites, ça existe.

Si tu tiens vraiment à faire seul

Cible au maximum la recherche du client par téléphone, décris ton bien le plus objectivement possible pour valider qu'il correspond réellement à ce qu'il cherche, et ose poser les questions qui comptent : son activité professionnelle, ses revenus, le montant de son apport, son financement.

Si ces questions te mettent mal à l'aise, c'est normal. C'est exactement pour ça que ce métier existe.

04.Réussir les visites (et pourquoi la meilleure place du vendeur est ailleurs)

Les réglages pratiques d'abord

Choisis un créneau où la maison n'est pas surchargée d'habitants : évite les soirées où les enfants et toute la famille sont là. Évite les visites juste après avoir cuisiné, les odeurs restent et gênent. La maison doit être impeccable en permanence pendant la commercialisation : rangée, désencombrée, pas de vaisselle dans l'évier, plans de travail dégagés (ta check-list du Guide 2 reste de service). Et si le bien est inoccupé, passe l'aérer avant chaque visite : une maison fermée depuis trois semaines se sent dès la porte.

La vérité qui pique

Le vendeur est la pire personne pour présenter son bien. Ce n'est pas une question d'intelligence, c'est une question de position. Tu n'es pas objectif, tu défends chaque m² au lieu de laisser l'acheteur se projeter. Tu réponds trop vite aux objections. Tu parles quand il faudrait se taire.

Une visite bien menée, c'est l'acheteur qui parle 70 % du temps. Il pose des questions, il imagine, il se projette. Ton rôle, à ce moment-là, c'est de ne pas encombrer. En agence, c'est une compétence qui s'apprend avec les années. Chez toi, elle est à peu près impossible à tenir.

05.Après les visites : c'est le marché qui parle

Vends en direct, et voici ce que tu entendras après chaque visite : « c'est super, merci beaucoup, je vous recontacte ». Puis plus rien. Tu rappelleras une fois ou deux. Ils ne te diront jamais la vérité sur ton produit : par gentillesse, par gêne, par fuite.

Seul un professionnel aguerri obtient de vrais retours, et te les transmet en y mettant les formes, mais sans les déformer. Ces feedbacks objectifs, c'est de l'or : ils permettent un véritable bilan du produit. Que doit-on modifier, arranger, réparer, changer ? Doit-on revoir le prix ? L'état de présentation ? Doit-on, finalement, repeindre ce séjour rose ?

La phrase la plus importante de ce chapitre

Ce n'est pas l'agent immobilier qui a la science infuse. C'est le marché qui te parle. Mon travail, c'est de te le traduire fidèlement. Le tien, c'est de savoir rester à son écoute, même quand ce qu'il dit ne fait pas plaisir. Un bien qui ne reçoit ni offre ni deuxième visite après quinze jours n'est pas victime de malchance : il te dit quelque chose. Reste à l'écouter ensemble.

Passe à ton cas

La check-list « de l'annonce aux clés » à cocher.

Deux pages à imprimer, une case par étape (annonce, visites, offres, compromis, jour J). Coche ce qui te concerne, laisse le reste vide. Ton radar pendant toute la commercialisation.

Télécharger la check-list
Le paradoxe du vendeur direct

Plus il essaie de convaincre, moins il vend.

Un vendeur direct veut à tout prix rassurer son visiteur. Il répond à chaque objection avant qu'elle soit posée, il « corrige » les impressions à mesure qu'il les sent naître, il défend son prix comme si sa vie en dépendait. Résultat : l'acheteur ne parvient pas à se projeter, se sent oppressé, et repart avec la phrase magique « je vous recontacte ».

Un agent aguerri fait exactement l'inverse. Il présente le bien avec quelques mots choisis, puis il se tait. Il laisse l'acheteur ouvrir les placards, tester la lumière, imaginer où poser le canapé. Il répond aux questions, il ne les précède pas. Et surtout, il écoute — parce que l'acheteur qui parle est un acheteur qui achète.

Partie 2Les offres et la négociation

06.Les offres que tu ne recevras jamais

Un mot sur un phénomène très local avant de parler des offres qui arrivent : celles qui n'arrivent jamais.

Négocier avec un vendeur en direct est très difficile pour un acheteur. Parce que faire une offre basse à quelqu'un qui a construit sa maison de ses mains, ou qui l'a habitée trente ans, met mal à l'aise. Beaucoup d'acheteurs préfèrent ne rien proposer et passer leur chemin plutôt que de risquer de blesser. Résultat : tu ne verras jamais ces offres qu'un agent, lui, aurait su faire remonter proprement.

C'est un des gros angles morts de la vente en direct — pas les offres refusées, celles jamais formulées. Impossible à mesurer, mais bien réel.

07.Une offre arrive : la lire avant de la juger

Un jour, elle arrive. Et là, il faut la lire, l'interpréter, puis choisir : accepter, refuser, ou contre-proposer.

Premier réflexe, avant toute émotion

Demande la pré-approbation bancaire. C'est une lettre ou un email de la banque ou du courtier attestant que le dossier de l'acheteur a été étudié et qu'il est finançable à hauteur du prix de ton bien, avec ou sans apport.

Pourquoi c'est capital ici : en Polynésie, énormément de dossiers bancaires sont refusés. Mal préparés, ou portés par des visiteurs qui voient trop grand et n'ont pas fait ce travail en amont. Une offre sans pré-approbation, c'est une intention, pas un engagement.

Deuxième lecture : les conditions suspensives demandées

Des travaux à ta charge ? Des régularisations à obtenir, sur des permis, des servitudes ? Si tu as suivi le Guide 2, tu vois exactement de quoi on parle, et si tu as bien préparé, tu as déjà les réponses.

Ne te fie jamais à un simple prix

Conditions suspensives, apport, financement : autant d'éléments à étudier. Un prix peut cacher plein d'autres choses. Une offre à 52 millions truffée de conditions peut valoir moins qu'une offre propre à 50. Tu trouveras dans la boîte à outils un comparateur d'offres à remplir (annexe A.3), précieux quand plusieurs arrivent en même temps.

08.Vérifier qui achète

Au-delà du prix et des conditions, prends deux minutes pour comprendre qui est en face. Un acheteur qui paie comptant : demande une preuve d'origine des fonds (relevé bancaire, attestation notaire). Un acheteur qui emprunte : pré-approbation bancaire, connaissance de son taux d'endettement (règle HCSF : mensualité max ≈ 35 % des revenus nets).

Ce n'est pas de l'indiscrétion, c'est du bon sens. Une vente qui capote 4 mois plus tard parce que la banque a refusé, ça te coûte des mois de trésorerie et un marché qui a peut-être bougé. Il vaut mieux poser les bonnes questions au bon moment que faire preuve d'une politesse mal placée.

09.Refuser, contre-proposer, accepter

Refuser

Sans blesser, sans fermer la porte.

Une réponse courte, courtoise, qui laisse la place à une meilleure offre plus tard. « Je vous remercie pour votre proposition, elle n'est pas alignée avec la réalité du marché sur mon bien. Je reste ouverte à un échange. »

Contre-proposer

Tu entres en négociation.

Prix, ou conditions, ou les deux. Si l'acheteur te paraît sérieux, propose un autre prix, ou d'autres conditions (cette régularisation qu'on te demande, cette servitude à créer, ces travaux exigés).

Accepter

L'offre est correcte et conforme.

Prix juste par rapport à l'analyse de marché (pas à tes espoirs), pré-approbation en main, conditions saines. Tu peux dire oui — et ton oui t'engage.

10.Ton oui t'engage (même par SMS)

Attention — ton oui t'engage

Voici ce que presque aucun vendeur ne sait : une offre au prix acceptée t'engage. Toi. Une fois ton accord donné, tu ne peux plus revenir en arrière : pas pour une offre plus haute arrivée le lendemain, pas parce que ta sœur veut finalement racheter la maison.

Et attention à la forme : un « ok c'est d'accord » par SMS ou par email peut suffire. Ce type d'accord peut s'avérer valable devant un tribunal, même si tu n'as jamais contresigné l'offre d'achat. Alors avant de répondre, même gentiment, même pour ne pas paraître impoli, mesure la portée juridique de tes mots.

Quand plusieurs offres arrivent

Le comparateur d'offres à remplir en 5 minutes.

Une colonne par offre, ligne à ligne : prix, mobilier, pré-approbation, apport, dépôt, conditions suspensives, dates. Le gagnant n'est pas toujours le plus offrant — l'annexe A.3 t'aide à le voir.

Récupérer le comparateur

Partie 3Le compromis et la route vers l'acte

11.Le compromis : le rendez-vous le plus important de ta vente

On croit toujours que le grand jour, c'est l'acte. C'est faux. Le rendez-vous le plus important, c'est le compromis. C'est là que tout se décide, tout s'écrit, tout se reformule pour que chaque partie soit correctement informée. L'acte, lui, ne fera que réitérer ce qui a été posé au compromis.

Les notaires qui rédigent ou participent à son élaboration doivent s'assurer d'une chose : que les clauses sont équitables pour les deux parties.

Le droit que peu de vendeurs connaissent

Dans l'idéal, le notaire envoie le projet de compromis en amont du rendez-vous. Lis-le attentivement. Et s'il y a des choses que tu ne comprends pas, surtout n'attends pas le rendez-vous de signature pour poser tes questions : tout peut se voir avant, avec ton notaire ou ton conseil juridique.

Quand j'accompagne mes clients, je prends systématiquement un rendez-vous en amont avec ceux qui en ont besoin, pour lire le compromis pas à pas, lever tous les doutes et toutes les interrogations. J'explique absolument tout. Résultat : chez le notaire, on gagne du temps, et tout est carré.

12.Le dépôt de garantie : bien plus qu'une formalité

Le compromis prévoit un dépôt de garantie versé par l'acheteur, généralement 5 à 10 % du prix de vente, séquestré chez le notaire. Beaucoup de vendeurs le voient comme une simple formalité administrative. C'est en réalité un outil puissant.

1. Un engagement financier

L'acheteur met de l'argent réel sur la table.

Ce n'est plus une intention, c'est un engagement. Il ne se retirera pas pour un caprice ni pour une meilleure occasion aperçue le lendemain.

2. Une indemnité déjà bloquée

Si l'acheteur se défile hors condition suspensive, tu es indemnisé.

L'argent est déjà chez le notaire, la clause pénale du compromis en est la provision. La plupart des litiges se règlent alors à l'amiable, et vite.

3. Un filtre

Le montant qu'un acheteur accepte de déposer te renseigne.

Sur son sérieux et sur la réalité de ses moyens, bien mieux qu'un grand discours. Petit dépôt = petit engagement, en général.

13.Entre compromis et acte : le pilotage

Le compromis signé, il se passe en général 3 à 4 mois avant l'acte. Si tu as vendu entre particuliers, personne ne pilotera cette période à ta place. Voici le tableau de bord.

Côté acheteur

Vérifie que le dépôt de garantie a bien été versé dans les jours qui suivent la signature. Vérifie que le dossier bancaire a bien été déposé dans le mois qui suit : c'est généralement la durée prévue au contrat.

Mets des rappels dans ton téléphone et passe tes coups de fil, au notaire comme aux acquéreurs : accord de principe reçu ? attestation de la banque ? Et surtout, guette l'édition de l'offre de prêt : c'est elle qui lève la condition suspensive de financement.

À partir de là, la mécanique est réglée :

Côté vendeur

Lève tes propres conditions suspensives si tu en avais (une régularisation à obtenir, une servitude à créer, un partage à finaliser). Rassemble tes preuves dans un dossier propre. Le jour de l'acte, tout doit être prêt.

Pas de fonds le jour J = rendez-vous annulé

Le notaire ne peut pas signer un acte si les fonds ne sont pas arrivés à l'étude. C'est aussi simple que ça. La veille de l'acte, vérifie l'arrivée des fonds avec le notaire. Rien de pire qu'un rendez-vous annulé au dernier moment parce qu'un virement bancaire a pris du retard.

14.La liste de mobilier : arme à double tranchant

Si tu vends meublé, tu peux ventiler une partie du prix de vente sur du mobilier. Pour ton acheteur, ça peut sembler intéressant : il réduit la base sur laquelle il paie ses frais de mutation (droits d'enregistrement à ~7 % ou 1 % en primo).

Mais attention, il y a un revers que ton acheteur devrait connaître.

Le revers de la grosse liste

Une grosse liste de mobilier fait baisser les frais de mutation de l'acheteur non primo, oui. Mais elle fait aussi baisser le prix d'achat officiel de son bien immobilier.

Il achète 50 M avec 4,5 M de mobilier ? Son prix d'acquisition immobilier n'est que de 45,5 M. S'il revend avant 10 ans, c'est ce prix hors mobilier qui servira de référence, même si la liste avait été gonflée volontairement : sa plus-value taxable démarre 4,5 M plus haut. L'économie immédiate de 2 points peut se payer très cher plus tard. À arbitrer selon son horizon de détention.

Bonus méconnu — impôt foncier

En Polynésie, l'impôt foncier d'une résidence principale se calcule sur la valeur du bâti : pour une maison, la valeur du bien minorée des honoraires, des meubles et du prix du terrain ; pour un appartement, la valeur d'achat moins les honoraires et le mobilier. Une liste de mobilier sincère fait donc aussi légèrement baisser la taxe foncière de ton acheteur, chaque année.

Ce qui peut figurer sur la liste

Le critère légal : un meuble, c'est ce qui se détache sans être détérioré et qui a une valeur d'usage propre. Un lave-vaisselle encastrable qui s'enlève sans casse : oui. Un placard sur mesure fixé au mur : non. Un canapé, une table, un lit, un frigo, une TV : oui. Un lustre intégré et scellé : non.

Et pour la valorisation : valeur d'occasion, vétusté déduite, factures jointes quand elles existent. Le total doit être raisonnable — la ligne rouge admise par la pratique tourne autour de 10 % du prix de vente. Au-delà, tu prends le risque d'un redressement fiscal ultérieur.

Partie 4Le jour J

15.Préparer la remise : les semaines d'avant

L'acte approche, et il y a une logistique dont personne ne te parle : la tienne.

Ton déménagement s'organise en amont de la signature. Réserve le camion s'il en faut un, appelle les copains ou la famille, cale les dates. Ne découvre pas le sujet la semaine de l'acte. Et prépare-toi à une surprise classique : une fois la maison vide, tu vas découvrir des défauts que tu ne voyais plus. Les traces de cadres, les trous, les salissures sur les murs. Prévois un petit passage rebouchage-lessivage après le déménagement : tu dois livrer un bien conforme à ce que ton acheteur a visité.

Assurance

Ton bien reste assuré jusqu'à l'acte.

Même si tu as déménagé avant, même s'il est vide. S'il arrivait quoi que ce soit entre ton départ et la signature, c'est ton assurance qui joue. Ne la résilie surtout pas trop tôt.

État du bien

Exactement dans l'état visité.

C'est cet état-là qu'il a acheté. Ça vaut pour les équipements : si le lave-vaisselle fonctionnait à la visite, il doit fonctionner à la prise de possession. Tombé en panne ? Tu préviens immédiatement, et tu remplaces.

Ta vigilance sinistre

Passe régulièrement : sous l'évier, dans les coins, au niveau de la toiture. Une infiltration, une fuite ? Déclaration à ton assurance avant l'acte authentique, et tu préviens l'acheteur et son notaire. Cacher un sinistre survenu entre le compromis et l'acte, c'est du dol — la vente peut être annulée après signature.

16.La visite avant l'acte

C'est un moment que la plupart des vendeurs sautent. Erreur. Le matin de la signature, ou la veille au soir, retourne dans le bien avec l'acheteur. Faites le tour ensemble : maison, annexes, jardin, local technique. Pointez la liste de mobilier meuble par meuble. Testez les équipements : électroménager, clim, chauffe-eau, volets, portail, arrosage.

Aucune dégradation depuis la visite d'origine ? Parfait, direction le notaire l'esprit tranquille. Un souci ? Vous en parlez maintenant, pas après la signature. Une fois l'acte signé, un problème découvert le lendemain devient une source de contentieux long et pénible.

Relevez ensemble les compteurs (électricité, eau) avec des photos horodatées. Ça évitera les discussions ultérieures avec les fournisseurs.

17.Une page se tourne

Et puis il y a ce moment qu'aucun guide ne prépare vraiment : tu poses les clés sur la table du notaire, et elles ne sont plus à toi.

Ma position

Si tu vends un bien d'investissement, ça passe vite. Mais si tu vends la maison où tes enfants ont grandi, celle que tes parents ont construite, celle des dimanches en famille, ne t'étonne pas d'avoir la gorge serrée en signant. C'est normal. On ne vend pas que des murs : on confie à quelqu'un d'autre le décor de ses souvenirs. J'ai vu des vendeurs pleurer chez le notaire, et ce n'étaient pas des ventes ratées. C'étaient des ventes réussies, faites au bon prix, pour les bonnes raisons, par des gens qui avaient simplement aimé leur maison.

Alors permets-moi un dernier conseil, qui ne figure dans aucun contrat : prends ton temps avant le jour J. Retourne dans la maison vide, fais le tour une dernière fois, prends tes photos, dis au revoir à ta façon. Le jour de l'acte, tu seras là pour ouvrir un chapitre, pas seulement pour en fermer un. Et les souvenirs, eux, ne figurent pas sur la liste du mobilier : ils partent avec toi.

Le guide complet · À télécharger

Le guide entier + la check-list « prêt à vendre » + les 5 annexes.

Tu viens de tout lire ici. Le PDF, c'est le même guide, proprement mis en page : à garder sous la main pendant toute la commercialisation, à relire au calme, à imprimer si tu préfères le papier. Et surtout, la vraie valeur d'usage : la check-list en 2 pages à cocher et les 5 outils prêts à l'emploi.

Ce que tu récupères
  • Le guide complet (19 pages). Les 4 parties, les 17 sections, les histoires vraies, les encarts, la FAQ, le final. Version imprimable, avec pagination et cover.
  • Check-list « de l'annonce aux clés » (2 pages). Une case par étape (annonce, visites, offres, compromis, jour J). Ton radar pendant toute la commercialisation.
  • Annexe A.1 · La trame de l'offre d'achat qui tient la route. Chaque ligne compte — les mentions incontournables pour qu'une offre soit valide et transposable en compromis.
  • Annexe A.2 · Le modèle de liste de mobilier. Colonnes désignation, marque, année, prix neuf, valeur d'occasion. Prêt à remplir, avec mention légale à porter en bas.
  • Annexe A.3 · Le comparateur d'offres. Une colonne par offre, ligne à ligne : prix, mobilier, pré-approbation, apport, dépôt, conditions, dates. Pour voir le vrai gagnant.
  • Annexe A.4 · Le rétro-planning compromis → acte. Chaque étape à cocher, chaque échéance à surveiller. La roadmap complète des 3-4 mois qui suivent le compromis.
  • Annexe A.5 · La check-list du jour J. À imprimer et cocher lors de la visite avant l'acte. Tour du bien, liste de mobilier pointée, équipements testés, compteurs relevés.

Le guide arrive dans ta boîte mail dans la minute. Vérifie les spams la première fois.

QuizTeste ce que tu as retenu.

15 questions mixtes (V/F, QCM, cas pratiques) sur ce que tu viens de lire. Compte pour toi : ≥ 16/20 tu maîtrises, 10 à 15 quelques points à revoir, < 10 mieux vaut relire.

Quiz vente — 15 questions, scoring /20

Ton score se met à jour à chaque réponse.

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0/15 répondues
01 · Vrai ou faux

« Une agence a un avantage principalement grâce à ses meilleurs supports de publication qu'un particulier. »

Faux. En Polynésie, particuliers et agences publient sur les mêmes supports (Immobilier.pf, petites-annonces.pf, Facebook, Marketplace). La vraie plus-value d'une agence est invisible : son portefeuille d'acheteurs qualifiés déjà en portefeuille, qui reçoivent ton bien le jour même de la mise en vente.

02 · QCM

Pour rédiger une annonce efficace, il faut :

C. Une annonce qui parle à tout le monde ne parle à personne. Deux colonnes forcent l'objectivité ; le persona te fait écrire à quelqu'un de précis. L'honnêteté sur les défauts filtre les visites inutiles.
03 · Vrai ou faux

« Le vendeur est la meilleure personne pour présenter son bien : il le connaît mieux que quiconque. »

Faux. Le vendeur est la pire personne pour présenter son bien. Ce n'est pas une question d'intelligence, c'est une question de position : il n'est pas objectif, il répond trop vite, il parle quand il faudrait se taire. Une bonne visite = l'acheteur qui parle 70 % du temps.
04 · QCM

Après 15 jours de commercialisation sans offre ni deuxième visite, c'est :

A. Le marché parle en permanence. Un bien qui ne reçoit ni offre ni 2e visite après 15 jours n'est pas victime de malchance : il te dit quelque chose. Prix, présentation, positionnement — à regarder honnêtement.
05 · QCM · 2 pts

Premier réflexe à avoir quand une offre arrive, même au prix demandé :

B. En Polynésie, énormément de dossiers bancaires sont refusés. Une offre sans pré-approbation, c'est une intention, pas un engagement. Sans elle, tu risques 3-4 mois de blocage inutile.
06 · Vrai ou faux · 2 pts

« Une offre au prix, acceptée par email ou par SMS, m'engage juridiquement même sans signature papier. »

Vrai. Un « ok c'est d'accord » par SMS ou email peut valoir engagement devant un tribunal. Avant de répondre, même gentiment, mesure la portée juridique de tes mots. Une fois ton oui donné, tu ne peux plus revenir en arrière — pas pour une meilleure offre le lendemain, pas parce que ta sœur veut racheter.
07 · Cas pratique · 2 pts

Tu reçois deux offres. Offre A : 52 M avec 3 conditions suspensives (travaux, régularisation, servitude). Offre B : 50 M sans condition, pré-approbation bancaire jointe. Laquelle vaut mieux ?

C. Une offre à 52 M truffée de conditions peut valoir moins qu'une offre propre à 50. Chaque condition suspensive est un risque de blocage ou de renégociation ultérieure. Le comparateur d'offres (annexe A.3) t'aide à le voir ligne à ligne.
08 · QCM

Le rendez-vous le plus important d'une vente, c'est :

B. Le compromis. C'est là que tout se décide, tout s'écrit, tout se reformule. L'acte ne fait que réitérer ce qui a été posé au compromis. Lis le projet en amont, pose tes questions avant le rendez-vous — jamais au moment de signer.
09 · QCM

Le dépôt de garantie versé par l'acheteur au compromis sert avant tout à :

C. Trois rôles : engagement financier réel (pas juste une intention), indemnité déjà bloquée si l'acheteur se défile hors condition suspensive, et filtre sur son sérieux et ses moyens. Il vaut mieux qu'une offre « prometteuse ».
10 · QCM

Entre le compromis et l'acte, il faut compter en Polynésie :

B. 3 à 4 mois est la norme, le temps du parcours bancaire de l'acheteur : dossier déposé sous 1 mois, accord de principe, offre de prêt, 11 jours de réflexion obligatoires, signature, décompte notaire, appel de fonds. Un dossier vendeur complet ne raccourcit pas cette phase-là.
11 · Vrai ou faux · 2 pts

« En Polynésie, l'acheteur bénéficie du délai de rétractation de 10 jours (loi SRU) après la signature du compromis. »

Faux. Le délai SRU métropolitain ne s'applique pas en Polynésie. Ici, l'acheteur est engagé dès la signature, sous la seule réserve des conditions suspensives. D'où l'importance de tout lire et tout comprendre avant de signer, pas après.
12 · Cas pratique · 2 pts

Un acheteur qui va revendre son bien dans 5-6 ans t'annonce vouloir mettre 4,5 M de mobilier sur un achat à 50 M, pour économiser sur ses frais de mutation. Ton réflexe :

C. Ce n'est pas à toi de trancher, mais il devrait le savoir. À 5-6 ans de détention, sa plus-value taxable sera calculée sur son prix d'acquisition immobilier (45,5 M), pas sur les 50 M payés. L'économie immédiate de 2 points peut se payer très cher plus tard.
13 · QCM

Après avoir déménagé mais avant l'acte définitif, ton bien :

B. Ton assurance couvre le bien jusqu'à l'acte, pas avant. S'il arrivait quoi que ce soit (dégât des eaux, incendie, cambriolage) entre ton départ et la signature, c'est ton assurance qui joue. Résilier trop tôt = très mauvaise idée.
14 · QCM

La veille de l'acte, tu vérifies auprès du notaire :

C. Pas de fonds à l'étude = pas d'acte signé. Le notaire ne peut pas signer si l'argent n'est pas arrivé. Rien de pire qu'un rendez-vous annulé au dernier moment parce qu'un virement a pris du retard. Vérification obligatoire J-1.
15 · Cas pratique

Trois semaines après avoir déménagé, tu découvres une infiltration sous le toit dans le bien qui va être vendu la semaine suivante. Que fais-tu ?

A. Cacher un sinistre survenu entre le compromis et l'acte, c'est du dol — la vente peut être annulée après signature, et ta responsabilité engagée. Transparence + assurance + info : la vente peut suivre son cours, éventuellement avec un ajustement.

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FAQ expressLes questions qu'on me pose vraiment

Combien de temps entre le compromis et l'acte ?
Compte 3 à 4 mois en Polynésie, le temps du parcours bancaire de l'acheteur et de la levée des conditions. Un dossier vendeur complet (Guide 2) ne raccourcit pas cette phase-là, mais il a raccourci tout ce qu'il y avait avant.
L'acheteur peut-il se rétracter après le compromis ?
Non. Le délai de rétractation de 10 jours dont parlent les sites métropolitains (loi SRU) ne s'applique pas en Polynésie. Ici, l'acheteur est engagé dès la signature, sous la seule réserve des conditions suspensives. D'où l'importance de tout lire et tout comprendre avant de signer, pas après.
Et si sa banque refuse le prêt ?
Si le refus intervient dans le cadre prévu au compromis (montant, durée, démarches réellement faites), la condition suspensive joue : le compromis tombe et le dépôt de garantie lui est restitué. C'est le jeu, et c'est pour ça qu'on vérifie la pré-approbation avant d'accepter une offre.
Et si l'acheteur se défile alors que tout est levé ?
Là, il est fautif. La clause pénale du compromis prévoit ton indemnisation, et le dépôt de garantie séquestré chez le notaire en est la provision. Relis le point 12 : c'est exactement pour ce scénario qu'on ne signe pas sans dépôt.
Puis-je continuer les visites après avoir accepté une offre ?
Une offre acceptée t'engage, même si le compromis n'est pas encore signé. Continuer les visites, c'est jouer avec le feu : si l'acheteur initial se retire pour une raison légitime (financement refusé), tu es libre — sinon, tu risques un contentieux si tu vends à quelqu'un d'autre.
Le mobilier vendu avec le bien, combien maximum ?
La pratique admet environ 10 % du prix de vente maximum. Au-delà, tu prends le risque d'un redressement fiscal ultérieur. Chaque meuble doit être identifiable (marque, modèle, année) et valorisé à sa valeur d'occasion, vétusté déduite.
Je dois faire quoi si je découvre un défaut caché après ma propre visite d'origine ?
Tu le signales immédiatement à l'acheteur et à ton notaire. Le silence est du dol — la vente peut être annulée après signature. La transparence permet d'ajuster (petits travaux à ta charge, ou petite compensation) et de conclure sereinement.

Trois guides, un parcours complet. Passons à ton projet.

Décider (Guide 1), préparer (Guide 2), vendre (Guide 3). Tu en sais maintenant plus que l'immense majorité des vendeurs, et probablement plus que certains qui en ont fait leur métier.

Ce qui ne tient dans aucun guide, c'est ton cas : ton bien, ton quartier, ton calendrier, ton marché du moment. C'est l'objet de l'analyse de ton marché, et je te la fais gratuitement, chiffres et références à l'appui. Appelle-moi au 87 34 11 82, écris-moi à sarah@kwpolynesie.com.

Et tu connais la règle, elle n'a pas changé en trois guides : si quelque chose cloche dans ton projet, je te le dirai aussi. Aucune transaction ne vaut ma réputation.

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Sarah Zimbris, conseillère en immobilier en Polynésie

Sarah Zimbris

Formatrice, coach & conseillère en immobilier à Tahiti

15 ans d'immobilier, 400+ projets de vie accompagnés, 100+ agents formés. Mon métier : rendre lisible un marché qui ne l'est pas. Mon parcours complet →

N° TAHITI F 37560 · 87 34 11 82 · sarah@kwpolynesie.com